Un an après l’héroïsation, aujourd’hui, comment rendre malades les soignant·es ?

Rien ne les arrête. Avoir infligé une réforme mortifère du financement de la psychiatrie publique, l’automne dernier, pour application dès 2022 ne leur suffit pas. En janvier 2021, Emmanuel Macron annonce des Assises de la Psychiatrie et de la Santé Mentale. Il prévoit alors que ça se passera avant l’été.
La Commission Nationale de Psychiatrie (CNP) est réactivée : elle est censée préparer ces Assises. Si plusieurs syndicats de salarié·es y participent, SUD Santé Sociaux n’est pas invité à représenter la voix des soignant·es lors des réunions préparatoires.
Notre tract

Colère !

Et puis en mars 2021, que dit le Président ? Il demande aux soignant·es « encore un effort ». Où sont les efforts du gouvernement ? Quand Macron fait des annonces plus que vagues sur les réformes de la psychiatrie (peut-être sa future spécialité après l’épidémiologie ?), Bellivier, le délégué ministériel, ne sait même pas de quoi il parle.
Face à la crise sanitaire qui dure, face à la troisième vague, face aux services de réanimations qui se remplissent de nouveau, face aux inquiétudes concernant la crise sociale et économique en marche, face aux conséquences de celle-ci, ainsi qu’à toutes les mesures de restrictions prises, leurs incohérences, les injustices flagrantes, l’inquiétude grandit pour la santé mentale des enfants, des adolescent·es, des étudiant·es, des jeunes, des précaires.

Comment rendre l’autre fou ? Comment rendre l’autre malade ?

Pour le moment, ce qui ressort des groupes de travail thématiques pour préparer les assises a de quoi nous inquiéter profondément. Le choix d’une majorité des invité·es n’étant pas neutre, une bonne partie des pistes est colorée de psychiatrie scientiste à base de neurochimie, IRM et « recherches innovantes ». Tout comme les partenariats publics-privé-libéral continuent à être poussés en avant sous prétexte d’amélioration de l’offre de soin et des parcours. Discours qui ont bien sûr une place dans une pluralité des pratiques, mais qui aujourd’hui s’imposent, voire écrasent toutes les autres, politique de secteur en tête.

Ensemble pour aller mieux et bien soigner, à l’occasion des Assises de la psychiatrie SUD revendique :

  • La ré-humanisation des soins en psychiatrie, pédopsychiatrie et dans le médico-social.
  • La forte diminution des recours à l’isolement et la suppression de la contention mécanique.
  • L’augmentation partout des effectifs tant infirmiers, que paramédicaux, médicaux, administratifs et ouvriers.
  • Une meilleure qualité des formations pour tous et toutes, spécialisée et respectueuse de la multiplicité des approches et des pratiques. Avec un vrai salaire pour les étudiant·es.
  • Le respect des droits des patient·es
  • Que cesse la marchandisation des soins.
  • Que cesse le démantèlement de l’hôpital public et de la Psychiatrie Publique de Secteur.

Des milliards pour la Santé, pas pour les financiers !

Organisons dans l’unité la plus large une mobilisation lors de ces Assises fin juin. Exigeons, tous et toutes ensemble, une transformation de la société pour plus de justice et d’égalité.

ÇA URGE !