Luttes au Centre Hospitalier de Vierzon, la section SUD fait le point

Le personnel du centre hospitalier de Vierzon est en lutte depuis mai 2018. La grève illimitée a permis de démultiplier les actions. Le mouvement est actuellement suspendue : les habitant-e-s comme le personnel attend les engagements écrits de l’Agence Régionale de Santé. Notre section SUD fait le point.

Communiqué Section syndicale SUD CH Vierzon Novembre 2018

Une histoire de sous-investissement et de course au rendement.
Depuis des années le déficit du Centre Hospitalier de Vierzon s’accentue. Il fait suite à la mise en place de la tarification à l’activité (T2A) mais aussi à d’importants travaux : nouvelle maternité, service d’Urgences rénové, nouveau bâtiment de soins suite réadaptation, chaudière à bois. En 2018, le déficit atteint les 20 millions d’euros, nous payons les décisions des précédents directeurs qui ont investi sur les fonds propres de l’hôpital.

L’Agence Régionale de Santé (ARS) du Centre-Val de Loire, en bon petit rouage des directives du ministère des solidarités et de la santé, n’a pas mis la main à la poche pour investir dans les travaux. Mais elle s’est bien entendu réveillée pour demander au directeur actuel de combler le déficit. Une décision très politique, à titre de comparaison on rappellera que l’Etat verse 21 milliards d’Euro aux entreprises dans le cadre du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi, sans contrepartie.

La Peste ou le Choléra ?
En 2016 la direction a proposé deux scénarios aux représentant-e-s du personnel. Le premier consiste à supprimer l’équivalent de 40 postes. Le second prévoit de supprimer la maternité pour devenir un centre de périnatalité, fermeture de la chirurgie classique pour de l’ambulatoire, fermeture de la pédiatrie et suppressions de Bloc la nuit.

En avril 2018, les services maternité et pédiatrie sont mutualisés et six postes sont supprimés.

Fin mai, suite à une première Assemblée Générale du personnel, une intersyndicale CFDT-CGT-FO-SUD s’organise pour défendre les emplois et le service public hospitalier et élabore un projet médical nommé “projet d’établissement 2016-2020”. Il essuiera le refus et le mépris de l’ARS, il faut dire qu’il ne contient ni fermeture de service ni suppression de poste.

Grève illimitée et actions fortes !
Le 11 juin, l’AG valide la grève illimitée avec des actions fortes pendant quatre semaines :

  • distribution de tracts en centre-ville, marchés, préfecture…
  • barrage filtrant devant l’hôpital et sur les ronds-points avec signature de pétition
  • chaîne humaine autour de l’hôpital
  • marche des ballons et accrochage de 500 poupons aux grilles de l’hôpital
  • marche blanche dans la ville (qui a regroupée plus de 2000 manifestant-es)
  • marche des femmes enceintes jusqu’à la délégation territoriale du Cher à Bourges

Le 12 septembre le Directeur ne présente pas les 2 scénarios. Il envoie une note d’évolution qui dit qu’il faut travailler avec le Groupement Hospitalier de Territoire sur les 2 axes où il y a des difficultés : la maternité et la chirurgie où il manque des praticiens.
Le 18 septembre, en écho aux propos du président de la république, l’intersyndicale met en place un “camp de gaulois réfractaires” sur le parking de l’hôpital et demande une table ronde. Avec l’appui des élu-e-s locaux lors du conseil de surveillance, celle-ci sera finalement obtenue trois semaines après.

Le 24 octobre la table ronde se tient à L’ARS mais ce sont les CRS qui font le comité d’accueil et fouillent notre délégation... L’intersyndicale présente un projet d’évolution, mais l’ARS refuse de s’engager sur le maintien de nos services et la rénovation du bloc : elle veut toujours le projet médical initial.

La grève de la faim
C’est suite à cette réunion que deux agents ont décidé de faire la grève de la faim et revendiquent le maintien de tous les services et la rénovation du bloc. Au 3eme jour de cette grève de la faim, le corps médical et le président de la CME ont obtenu un nouveau rdv avec l’ARS. Cette dernière se permet de refuser de rencontrer l’intersyndicale. Ils reviennent avec les garanties revendiquées par les 2 agents grévistes de la faim qui stoppent alors leur action.

Depuis, l’intersyndicale attend les engagements écrits de l’ARS.

Nos revendications

  1. Maintien de tous les services et rénovation du bloc opératoire pour un service public de santé de proximité et de qualité
  2. Aucune suppression de postes pour le maintien des emplois
  3. Effacement de la dette !

Pour la section syndicale Sud Santé Sociaux du Centre Hospitalier de Vierzon

  • Nous restons vigilants car rien n’est acquis.
  • Nous dénonçons la stratégie de l’Etat et de l’ARS qui jouent le pourrissement de nos luttes et qui cyniquement attendent que des agents mettent leur vie en danger pour commencer à prendre en compte nos revendications.
  • Nous exigeons des garanties écrites et veillerons à leur mise en place !
  • Nous continuerons à organiser, participer aux actions du personnel et des habitant-e-s avec les représentant-e-s !

Communiqué de notre section syndicale SUD CH VIERZON

Publiée par Sud Santé Sociaux Centre Hospitalier Vierzon sur Mardi 6 novembre 2018