Suite aux agissements provocateurs de groupes d’extrème droite au Col de l’Échelle

Des groupes d’Extrême-droite, sectaires, violents et xénophobes sont venus semer le trouble au Col de l’Échelle pour une "chasse aux migrants".

Nous relayons les communiqué de l’intersyndicale CGT FSU et notre union syndicale Solidaires des Hautes-Alpes ainsi que celui du collectif "Délinquants Solidaires" et invitons nos adhérentEs à rejoindre les initiatives locales et notamment le rassemble de solidarités de ce samedi 28 avril.

Communiqué de l’intersyndicale CGT, FSU et notre union syndicale Solidaires des Hautes-Alpes

Les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires dénoncent les agissements provocateurs de groupes d’Extrême-droite, sectaires, violents et xénophobes venus semer le trouble au Col de l’Échelle pour une chasse aux migrants.Provocation haineuse et xénophobe parmi tant d’autres du.« groupe identitaire » fonctionnant comme une milice paramilitaire.

Si les autorités avaient organisé un accueil digne, de nombreux de problèmes n’auraient pas eu lieu. La population et les associations ne seraient pas contrainte de devoir suppléer aux différents manquement de l’État et du département dans l’accueil des migrants. La nouvelle loi « asile et immigration » dénoncée par bon nombre d’organisations syndicales, d’associations, ONG, ne fera qu’amplifier la dégradation de la situation actuelle.

Les Hautes-Alpes se sont toujours montrées une terre accueillante , mais pas pour ce type d’individus qui utilisent la peur et la souffrance humaine pour justifier des actes de violences. Comment ont-ils pu arriver jusqu’ici sans encombres depuis les quatre coins de l’Europe ? Comment ont-ils pu survoler cette zone, s’installer et rester en ce lieu alors même que les personnes se rendant à des pic-nics solidaires sur ce même col ont toujours subis des contrôles sur leur véhicule et leur identité ?

L’entrave à la libre circulation dans un col n’est-il pas un délit pour peu que l’on revendique faire le travail de la PAF, des Douanes et des militaires ?

Au vu des évènements du week-end, leur action n’est-elle-pas un grave trouble à l’ordre public ?

La réponse intelligente et solidaires à ces provocations est de participer massivement au rassemblement de l’Hospitalité de ce samedi 28 avril de 16h à 18h esplanade de la paix à Gap.

Les milices d’extrême droite ne sont pas plus les bienvenues aujourd’hui au Col de l’Échelle qu’elles ne l’ont été à Salérans en juillet 2016. Nos organisations syndicales étaient clairement présentes à Salérans et dans le Briançonnais ce WE. Cette lutte contre le fascisme et l’extrême-droite se traduit sur le terrain comme ce WE mais aussi par des temps d’échange et de formation pour lutter contre les idées d’extrême-droite.

A la haine, à la xénophobie et aux discours simplistes nous opposons la solidarité, la fraternité et l’intelligence collective. Les annonces du Ministre de l’Intérieur sur les « gesticulations » de génération identitaire démontrent une certaine incompétence ou complaisance, voire laxisme sur ces évènements. La volonté de renforcer la présence des « forces de l’ordre » après le départ de cette milice, n’est pas de bonne augure pour un retour à la tranquillité dans nos vallées.

Nous demandons à la préfecture de tout mettre en œuvre pour protéger les personnes vulnérables qui n’ont d’autre choix que de traverser la frontière au péril de leur vie. Nous demandons la protection des bénévoles et l’arrêt de toutes les poursuites.
Nos organisations ont fait parvenir une demande d’audience à Mme La Préfète des Hautes-Alpes.
Nous combattons le fascisme partout où il se trouve.
Notre slogan a été, est et restera : NI ICI, NI AILLEURS.

Communiqué du collectif Délinquants Solidaires- Col de l’Échelle : impunité d’un côté, tabassage de l’autre. Jusqu’où iront-ils pour décourager la solidarité ?

Alors que des citoyen·ne·s, associations et collectifs locaux se mobilisent depuis de longs mois pour organiser l’accueil de personnes exilées sur leur territoire face aux pratiques irrégulières des forces de l’ordre, les évènements de ce week-end à Briançon montrent bien que le délit de solidarité a encore de beaux jours devant lui.

Dans le cadre d’une mise en scène médiatique au col de l’Échelle à la frontière franco-italienne, le groupe d’extrême-droite Génération Identitaire a bloqué la frontière entre le 21 et 22 avril, étalant des messages haineux en pleine montagne, barrant la route à des personnes épuisées par un trajet en montagne, les mettant ainsi potentiellement en danger, puis relayant les photographies de leurs faits d’armes sur les réseaux sociaux à grand renfort de commentaires xénophobes. Ainsi, à l’instar de ce qui s’est passé lors de l’action organisée en Méditerranée à l’été 2017 pour saborder les sauvetages de personnes migrantes, des militant⋅e⋅s d’extrême droite de plusieurs pays européens sont venues bloquer symboliquement la frontière sans que les forces de l’ordre interviennent ou que les autorités condamnent clairement cette action, se bornant à évoquer des « gesticulations ».

Le dimanche 22 avril, une manifestation pacifique composée de plus de 150 personnes exilées et de leurs soutiens est partie de Clavière en Italie pour rejoindre Briançon à pieds et ainsi protester contre la militarisation de la frontière et la non prise en charge des personnes mineures ou en demande d’asile par les autorités françaises. Les organisations locales et régionales alertent depuis 2015 sur les atteintes systématiques aux droits des personnes migrantes à la frontière franco-italienne, de Menton à Briançon sans qu’elles soient entendues par les responsables politiques.

A l’issue de cette manifestation spontanée, six personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre. Trois ont finalement été relâchées mais trois autres sont toujours en détention provisoire, enfermées à Gap et à Marseille. Poursuivies pour « avoir par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière en France de plus d’une vingtaine d’étrangers, avec cette circonstance que les faits ont été commis en bande organisée », elles risquent selon la loi française jusqu’à 10 ans de prison assortie de 750 000 euros d’amende. Le jugement ayant été renvoyé au 31 mai 2018, ces trois personnes originaires de Suisse et d’Italie resteront donc potentiellement enfermées jusqu’à cette date.

En marge de la manifestation, cinq participant·e·s attablé·e·s à la terrasse de l’Hôtel de la Gare à Briançon vont faire l’objet d’un contrôle d’identité. Les policiers demandent à l’une des personnes de les suivre, refusant d’en donner la raison. « On va pas te le répéter deux fois » lance un policier. La personne sort son téléphone pour prévenir un avocat, les policiers le lui arrachent et la projettent au sol, lui sautent dessus. Face contre terre, coups de matraque, clef de bras, coup de genoux, pouces enfoncés dans les yeux, étranglement, la personne est finalement traînée par les pieds dans les escaliers, toujours face contre terre, puis jetée sur le goudron deux mètres plus loin. Alertés par les cris, des gens arrivent, les policiers gazent tout le monde, y compris la personne gisant au sol, visage tuméfié, en sang, la mâchoire gonflée, respirant difficilement et aveuglée par les gaz lacrymogènes. Souffrant de multiples contusions, d’un énorme hématome à la mâchoire, d’une entorse aux cervicales, et de douleur au niveau de la trachée, cette victime de la violence policière est amenée aux urgences. Résultat : 10 jours d’interdiction totale de travail.

Il est inadmissible que ces personnes soient actuellement privées de liberté ou violentées alors qu’elles ont été interpellées dans le cadre d’une manifestation pacifique. En outre, ces militant·e·s de la solidarité ont participé à de nombreuses opérations de sauvetage en montagne, se rendant juste « coupables » d’assistance à personne en danger. Un cas de plus de dissuasion de la solidarité.

Le collectif Délinquants solidaires s’inquiète du peu de cas qui est fait par les pouvoirs publics de l’expression sans complexes d’une xénophobie et du blocage des frontières par des militant·e·s d’extrême-droite, qui a pour conséquences immédiates la mise en danger des personnes migrantes parmi lesquels des mineur·e·s, ainsi que le déni pur et simple du droit d’asile, qui est encore une obligation conventionnelle de la France.

Le collectif Délinquants solidaires condamne fermement la détention de soutiens des exilé⋅e⋅s et appelle à leur libération immédiate. Par ailleurs, il répète que la solidarité et l’accueil sur nos territoires manifestés par des milliers de citoyens et citoyennes doivent être encouragés au lieu d’être systématiquement dénigrés ou réprimés. Si les député·e·s ont raté l’occasion d’abroger le délit de solidarité, nous restons mobilisé·e·s et solidaires des personnes exilées pour réclamer un accès aux droits effectifs pour toutes et tous et le droit de s’organiser collectivement.

à retrouver et relayer sur leur site internet