Succès des rencontres intersyndicales contre l’extrême-droite de VISA de Novembre 2018

A quelques semaines des élections professionnelles dans la fonction publique et à quelques mois des élections européennes, le collectif “Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes” (VISA) organisait les rencontres intersyndicales contre l’extrême droite. Le hasard du calendrier social faisant bien les choses, celles-ci tombaient un fameux 17 novembre 2018. Une soixantaine de militant-e-s y ont participé. L’intersyndicale CGT/FSU/Solidaires était réunie et fêtait ses 5 ans. Notre fédération SUD Santé Sociaux et notre union syndicale Solidaires étaient présentes.

Le programme de cette journée sur le site internet de VISA : www.visa-isa.org

Des présentations de la situation du “front antifasciste” en Italie et en Allemagne [1] ont précédé un topo sur l’évolution des actions menées par l’extrême droite en France où l’on voit émerger une certaine mise en scène dans la violence physique et l’imposture sociale : l’important n’est pas de “faire” mais de “faire savoir”. L’usage d’internet, en particulier des réseaux sociaux, et la construction de communautés en ligne permettant de les populariser.

Ont été ensuite disséquées les stratégies adoptées par l’extrême-droite pour convaincre l’électorat féminin. Les femmes votent moins que les hommes en faveur de l’extrême-droite mais l’écart se réduit. L’instrumentalisation du principe d’égalité femme/homme soit-disant mise à mal par l’immigration notamment musulmane fonctionne à plein régime. Elle s’appuie sur la promotion de stéréotypes genrés et racistes : les hommes “misogynes et sexistes” et les femmes “voilées et victimes passives”. Une doctrine national-féministe est à déconstruire. A la différence de notre analyse, elle ne pointe pas les rapports de domination (intérêts hommes/femmes divergents) et les enjeux matériels (ex : division du travail domestique, inégalité salariale...). Elle reconnaît parfois une situation inégalitaire mais préconise une action individuelle pour la résoudre naturellement sans cibler le système patriarcal. Ce qui n’est pas sans faire écho à la doctrine libérale pour résoudre les contradictions sociales : “utilisez l’ascenseur social plutôt que la lutte des classes”. [2]

Répression antisyndicale, empêcher les opprimé-e-s de s’exprimer, agressions physiques,… sont autant de marqueurs forts de l’extrême-droite. Plusieurs interventions de la salle l’ont illustré : les camarades de “Solidaires Étudiant-e-s” [3] ont parlé de la difficulté à tenir les Assemblées Générales ou les blocus dans les facs et ont témoigné-es des alliances qui ont pu s’opérer entre les militants d’extrême-droite et des partisans du gouvernement. Nous avons aussi parlé de notre camarade Ibtissam [4] ou des camarades de la CGT de Korian [5] qui se sont faites licencier pour avoir alerté sur les conditions d’accueil dans leurs structures. On pense aussi aux camarades des Macdo à Marseille qui se sont fait taper sur la gueule par des nervis.

D’autres interventions ont visé la politique menée par le gouvernement qui cultive l’ambiguïté notamment sur les questions migratoires, réprime les militant-e-s et attaque les droits des organisations des travailleurs et travailleuses… Sans oublier la quasi hégémonie des idées d’extrême-droite au sein des forces de l’ordre ou de l’armée.

Dans notre secteur, se pose la question de relayer et porter la campagne en intersyndicale. D’autant plus que les tentatives d’intrusion politique du Rassemblement National s’y multiplient, avec par exemple le “Collectif Usagers Santé” qui essaye de prospérer sur la destruction du service public pour faire passer des revendications nationalistes et en particulier de “préférence nationale”. Se structurer en intersyndicale autour d’un consensus large contre l’extrême-droite permettrait d’organiser la veille d’information et d’être plus réactif dans notre secteur. Mieux encore, là où la division syndicale nuit aux intérêts des travailleurs et travailleuses, la lutte contre l’extrême-droite peut être un premier pas vers l’unité syndicale. Enfin, une campagne sur la question de l’accueil des migrants permettrait à nos équipes militantes de mettre en avant nos valeurs [6] et les difficultés rencontrées au boulot, conséquences directes de choix politiques.

Les rencontres se sont terminées sur un appel à multiplier les événements et les rencontres intersyndicales… et à compléter et adapter nos outils de communications pour être plus audibles et plus efficaces !

Les élections européennes approchent, notre secteur “santé-social” ne saurait être un point d’appuie pour la diffusion des soit-disantes solutions de l’extrême-droite. Rendez-vous dans les mobilisations et aux prochaines rencontres de VISA ?

Pour découvrir et adhérer à VISA, rdv sur www.visa-isa.org


[1une vidéo des interventions est en cours de montage par VISA

[2à l’inverse utilisez plutôt notre boîte à outils pour l’action féministe

[4voir notre article