Samedi 17 janvier 2015 En avant toutes et tous ! Pour les droits des femmes

En 1975, les femmes se sont battues pour obtenir de nouveaux droits. En 2015 il est grand temps de reprendre la rue.
Manifestation nationale à Paris, 17 Janvier 2015
Bastille â ?" 14h30

Le droit à l’avortement a 40 ans et il reste à défendre. Ce sont par leurs luttes que les femmes ont pu conquérir le droit à l’avortement. Le 17 janvier 1975, la loi Veil légalise ce droit fondamental à disposer de son corps, loi qui ne deviendra définitive qu’en 1979. En 1982, l’IVG est remboursée partiellement par la sécu. En 2001, le délai légal passe de 10 à 12 semaines. Depuis mars 2013, l’IVG est remboursée à 100% et le forfait IVG payé aux établissements de santé pratiquant l’IVG est revalorisé de 50%.

Mais ce droit reste fragile. En France et en Europe, la partie la plus réactionnaire, conservatrice et rétrograde se mobilise et menace ce droit fondamental. La mobilisation de la société espagnole, soutenue par des mobilisations européennes viennent de contrer le projet de loi revenant sur le droit à l’IVG en Espagne. La vigilance et la capacité du mouvement féministe à se mobiliser restent de mise pour défendre ce droit.

La loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoire) a particulièrement fragilisé les maternités et les Centres d’IVG. L’accès à l’avortement et les conditions dans lesquelles il est pratiqué se sont dégradés. Le démantèlement des hôpitaux, des maternités de proximité et de services considérés comme non rentables induit des suppressions d’emplois et une restriction de l’accès aux soins par manque de moyens humains et matériels. Les CIVG comptent parmi les services particulièrement fragilisés par cette réforme, certains ont d’ailleurs fermé. La relève médicale reste fragile, des médecins manquent, d’autres résistent à pratiquer les IVG.

En Europe et en France, les femmes sont les premières victimes des politiques d’austérité. Notre secteur, sanitaire, social et médicosocial, public et privé, féminisé à hauteur de 80%, n’y échappe pas. Les femmes sont doublement concernées.
En tant que salariées, elles subissent de multiples restructurations et regroupements qui dégradent leurs conditions de travail : mobilité, polyvalence, sous effectif, déréglementation des plannings et du droit du travail, fermeture d’établissements de proximité, suppression de lits, suppressions de postes.
En tant qu’usagères, elles supportent la détérioration des conditions d’accueil et d’accès aux soins. Quand les soins ne sont plus assurés par la collectivité, en totalité ou en partie avec le développement de l’ambulatoire, ce sont les femmes qui sont en première ligne pour prendre en charge à la maison ces soins. De plus, le nombre de renoncement aux soins pour des raisons financières est aussi plus important pour les femmes.

Les salaires sont bloqués depuis plusieurs années, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé, les temps partiels non " choisis " trop nombreux, les promotions professionnelles largement insuffisantes. Les carrières des femmes sont incomplètes et les pensions de retraites ne leur permettent pas de vivre décemment. De plus, nos métiers dits " féminins ", faisant appel à des compétences soi-disant " naturelles" ne sont pas reconnus et valorisés en terme de salaire.

Nous devons continuer à lutter pour conserver nos droits acquis et en conquérir de nouveaux. L’égalité réelle entre les femmes et les hommes n’est toujours pas gagnée.

Nous revendiquons l’arrêt des politiques d’austérité passées et à venir, l’arrêt des restructurations, la défense de la sécurité sociale, l’abrogation de la Loi HPST, la défense et l’amélioration du statut et des conventions collectives.

Pour nous, l’accès aux services de santé et le droit à disposer de son corps doivent être garantis, notamment par l’abrogation de la loi HPST, le maintien des structures de santé de proximité, ainsi que des centres de planification et des centres IVG.

Nous revendiquons l’égalité salariale (à travail égal, salaire égal), l’égal accès à la promotion professionnel et à tous les métiers, la revalorisation des salaires des métiers dits " féminins " et la reconnaissance des qualifications, des responsabilités et de la pénibilité (horaires, amplitude, rythmes de travail), le respect des lois et des dispositifs relatifs à l’égalité professionnelle et salariale et des sanctions contre les employeurs ne respectant pas leurs obligations en la matière.

La fédération SUD Santé Sociaux et l’Union syndicale Solidaires exigent, avec tous les signataires de l’appel national à manifester le 17 janvier prochain :

  • ï,§ l’abrogation de la loi Hôpital Patient Santé Territoire
  • ï,§ le maintien et le développement des services publics
  • ï,§ un centre IVG dédié par hôpital avec choix de la méthode pour les femmes
  • ï,§ des moyens pérennes pour les associations
  • ï,§ le rétablissement, le développement et l’extension des ABCD de l’égalité


Le 17 janvier 2015, emparons-nous de cet appel unitaire pour organiser partout où c’est possible des montées unitaires à Paris, Bastille à 14h30.


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