Nos luttes ne sont pas en concurrence !

Lors de notre conseil fédéral réunis à Samatan (32), nos 200 déléguéEs provenant de tout le pays ont adopté une motion liant nos luttes à celles des étudiantEs, des cheminotEs et plus largement pour un service public à la hauteur des besoins de la population !

La bataille du rail lancée par l’intersyndicale de la SNCF interpelle nos organisations et nous invite non seulement à soutenir cette lutte mais au-delà à inscrire notre action dans le calendrier proposé par les cheminots.

Les cheminots qui se battent pour un service public du rail, rencontrent naturellement notre préoccupation d’une fonction publique hospitalière renforcée.

Nous portons cheminots, hospitaliers et salariés du social la même volonté d’être encore et toujours au service de la population, répondant en cela à ses besoins, là où les logiques néolibérales qui imposent l’offre et la réduction de la voilure. Le rapport « Spinetta », le gouvernement accélérant le pas, l’annonce d’un passage par ordonnance devant la représentation parlementaire a obligé nos camarades du rail à réagir rapidement. Dès le 22 Mars puis le 3 avril et les jours suivants la lutte s’organise dans le ferroviaire. Les cheminots ont bien conscience de la dimension symbolique de cette lutte, ils savent l’impact d’une victoire ou d’une défaite de leur bataille sur l’ensemble des services. C’est pour cela que nous sommes à leur côté.

Macron dans sa guerre éclair contre les services publics, ne choisit pas par hasard le rail.

Il frappe fort d’emblée et le secteur le plus syndiqué, le plus revendicatif, mais aussi celui dont il pourra le plus facilement dénoncer les quelques conquis sociaux qu’il leur reste, quitte à manipuler l’opinion publique. En faisant plier ce bastion, il
entend mettre à genoux tous les autres dans un second temps.

Ouvrir le train a la concurrence va multiplier l’offre sur les lignes rentables, notamment entre les grandes villes, isolant autant de zones de notre territoire. Cette même logique préside dans l’idée des groupements hospitaliers de territoire.
Pour être concurrentiel, il faut concentrer les moyens sur un gros établissement et fermer les plus petits, ceux dits de proximité. L’égalité d’accès au service n’est plus alors garantie et nous nous éloignons des principes mêmes de leur création, seule compte la commercialisation.

La perte de sens au travail est alors criante.

Comme les cheminots qui voudraient encore pouvoir amener les gens au travail, en vacance, visiter leur famille, créer du lien. Les hospitaliers, les travailleurs de la santé et de social souhaitent continuer à donner du soin, accompagner, aider, écouter, conseiller, prendre une main, soutenir toutes ces petites choses qui font notre mission, qui définissent notre cœur de métier et qui sont autant de pertes de temps pour nos managers et nos dirigeants.

Ce rouleau compresseur libéral s’attaque également à l’université. La réforme Vidal visant à sélectionner préfigure une société de la concurrence. Les étudiants dans leur lutte dénoncent cette vision inégalitaire et reproductive des déterminants
sociaux. Ils ont eux aussi tout notre soutien.

Une société émancipée ne pourra exister que débarrassée de ces conceptions capitalistiques. Le service public est le bien commun dans la santé, le rail, et l’éducation comme partout.

Camarades ne nous en laissons pas compter et engageons le rapport de force.

Parce que nous subissons les mêmes politiques, que nos ennemis sont les mêmes, que le présent des cheminots et des étudiants est notre avenir immédiat, la fédération sud santé sociaux soutient SUD-Rail dans sa grève reconductible et les étudiants dans leur lutte appelle ses syndicats, ses militants et au-delà les travailleurs de notre secteur à rejoindre la lutte, en lançant des assemblées générales dans tous les établissements sanitaires, médico-sociaux, sociaux, à monter des comités de grève, sur le modèle de la convergence des hôpitaux en lutte.

La convergence passera alors d’une déclaration incantatoire à une réalité que nous construirons ensemble, et nous allons y mettre toutes nos forces !