non a la delation, non au tri inadmissible entre les demandeuses et demandeurs d’asile !

Légiférer pour exclure, voilà comment le gouvernement prend l’accueil des migrants en main. Les mêmes logiques, produisent les mêmes effets, de la loi Cazeneuve à la loi asile et immigration, c’est un tri inadmissible qui s’opère entre les demandeuses et demandeurs d’asiles, entre les bon-nes et les mauvais-es migrant-es, pour exclure les sans-papiers.

Sous prétexte de faciliter les procédures, se cache une entreprise inique, faite de suspicion, de délation et d’arbitraire. Ainsi pour limiter l’accès aux soins, au logement et à la protection, le gouvernement fait de l’entrave au droit de régulation, en multipliant les procédures. Entre complexification des démarches et application systématique des procédures Dublin, de plus en plus de personnes sont réduites à la clandestinité, à la précarité et aux menaces d’expulsion.

Le fichage systématique, touche aujourd’hui aux enfants, aux adultes et aux familles, avec le concours des services et transforme toutes les structures de la société en complices malgré elles. Ainsi il est demandé aujourd’hui aux banques, aux hôpitaux, au fisc, aux administrations chargées du travail et de l’emploi, aux services de la sécurité sociale, à la CAF, aux universités et désormais aux services sociaux de transmettre, les informations et les documents fournis par les personnes en situation irrégulière, afin de permettre aux services de l’État l’accès aux données confidentielles. A ce titre les services de santé, du social et médico-social sont de plus en plus instrumentalisés, servant de cheval de Troie aux politiques sécuritaires, assignées au tri social par le gouvernement.

A l’instar de l’abominable Circulaire Collomb de décembre 2018, Castaner par son projet de loi remet de nouveau en cause l’inconditionnalité de l’accueil des sans-abris. Il demande la transmission d’informations confidentielles des réfugié-es, confiées au 115 à l’Office Français de l’Immigration et d’intégration, dévoyant ainsi les missions des travailleurs-ses du secteur, fondées sur le respect de l’anonymat, le libre choix des personnes.
C’est une nouvelle persécution à l’encontre des personnes, déjà en souffrance et une atteinte à l’éthique et la déontologie du Travail social.

Cette nouvelle attaque sur nos métiers manipule le sens de nos missions avec une volonté non assumée de nous faire collaborer avec les services de police ou de la Préfecture. Ainsi le secret professionnel qui sert de parapet aux exclusions, est en phase de céder la place à des pratiques discriminatoires, assujetties à l’arbitraire.

NOUS NE SOMMES PAS DUPES

La Fédération Sud Santé Sociaux, dénonce le traitement déshumanisé des exilés-es, dont les conditions d’accueil et de vie sont insupportables.
La Fédération SUD Santé Sociaux, rappelle la mission émancipatrice des professionnels de santé, du social et du médico-social, son éthique et sa déontologie, Nous sommes en effet au service de l’Intérêt Général, qui inclut celui des migrant-es, et non au service des calculs politiques sordides de nos gouvernant-es. Nous ne sommes pas des délateurs

NOUS NE SOMMES PAS DES DELATEURS !

La fédération SUD Santé Sociaux, réaffirme le droit à la liberté de circulation, d’installation et l’accès aux droits fondamentaux, pour toutes et tous : hébergement inconditionnel, accès aux soins, aux transports et la régularisation pour toutes est tous et appelle les professionnel-les à dénoncer ces pratiques, à s’organiser pour leur faire échec, avec toutes et tous les citoyen-nes qui refusent la société sécuritaire que l’on nous prépare.