Nexem et l’UNA, partenaires particuliers à domicile ?

NEXEM, organisation patronale dans la Branche des Associations Sanitaires Sociales et Médico-sociales (organisation née de la fusion de la Fegapei et du Syneas) et l’UNA, organisation patronale de la Branche à Domicile ont annoncé hier lors d’une conférence de presse avoir signé une convention de partenariat.

Par cette convention, Nexem et l’UNA entendent "valoriser les synergies et renforcer les coopérations". Il s’agit, pour elles de "créer les conditions du changement par la construction de véritables parcours métiers et le développement de l’attractivité du secteur."
Pour atteindre leurs objectifs, Nexem et l’UNA annoncent la création de cinq groupes de travail dont l’un est déjà en place sur les champs conventionnels. Les intentions sont claires et NEXEM et UNA entendent "agir sur la structuration du secteur et l’évolution des conventions collectives".

Pour la Fédération SUD santé sociaux, Nexem semble donc avoir réussi là où la Fehap (employeurs de la CCN 51) a échoué, cette dernière ayant aussi engagé par le passé des pourparlers restés sans lendemain avec le secteur de la BAD.

Les intentions annoncées par NEXEM et UNA sur les conventions collectives renforcent un peu plus les craintes des personnels sur le maintien des conquis conventionnels. Nexem ayant de son côté et depuis longtemps annoncé, sous menace de dénonciation, un "toilettage de la CC66". L’UNA, de son côté, s’évertue à appliquer une politique déplorable en terme de salaires et de conditions de travail.

A craindre également, la mobilité entre les deux conventions puisque les deux fédérations patronales souhaitent "réfléchir à des passerelles et imaginer des métiers qui pourraient se retrouver au sein des différentes conventions collectives associatives."

Pour la Fédération SUD santé sociaux, ce sont bien les salarié-es qui, une fois de plus, risquent de faire les frais de ce rapprochement :

mobilité accrue, nouvelles aggravations des conditions de travail, politique salariale au rabais. Pour SUD santé sociaux l’objectif ne doit pas être de mettre en place un dumping social mais bien une réelle attractivité de ces secteurs par une véritable reconnaissance salariale et l’instauration de conditions de travail respectueuses des salarié-es et des usagers-ères. La Fédération SUD santé sociaux rappelle son combat constant contre les déqualifications et les glissements de tâches qui ne manqueront pas de se concrétiser au travers des "passerelles" voulues par NEXEM et UNA.

Hier, partout en France, à l’appel de la Fédération SUD Santé Sociaux, des milliers de personnels se sont mobilisés pour manifester contre la politique salariale et sociale de Nexem, pour exprimer leur attachement à la convention collective 66 et le droit d’exercer un travail social, reconnu, à hauteur des véritables enjeux et besoins.

A Paris, après un rassemblement avec la CGT devant les locaux de Nexem, entre 800 et 1000 personnes ont, à l’appel de SUD et du Collectif Action du Travail Social d’Ille de France, battu le pavé malgré des conditions météorologiques exécrables.

Ces mobilisations avec celle des personnels des EPHAD et en lien avec les mobilisations sur le secteur sanitaire (Fonction Publique Hospitalière, secteur associatif sanitaire participant au service public) témoignent de la crise sans précédent que connait l’ensemble du secteur social et sanitaire en France.

La Fédération Sud Santé Sociaux, appelle l’ensemble des personnels à amplifier cette mobilisation dans les semaines à venir et à l’unité la plus large des organisations syndicales,des collectifs de salarié-es et associations d’usagers.

Elle appelle le gouvernement et le patronat à prendre la véritable mesure de cette crise et exige qu’ils mettent en place les mesures attendues (financement des établissements, revalorisations salariales) afin de stopper le démantèlement de ces secteurs et leur marchandisation.