MATERNITà? DEBOUT ! Pithiviers : une lutte de femmes pour les femmes.

La direction de l’hôpital de Pithiviers, Loiret, a annoncé le 8 mars la prochaine fermeture de la maternité, sur injonction de l’ARS, en invoquant le manque de sécurité (manque de médecins). Il faudra aller accoucher au CHR d’Orléans, à Gien, Montargis ou dans l’Essonne. Et pour celles qui en ont les moyens en clinique commerciale.

A l’heure où la politique sanitaire gouvernementale consiste essentiellement à sabrer les services publics, l’hôpital public est particulièrement visé. Les établissements de proximité sont les premiers touchés, zones rurales, petites villes éloignées des hôpitaux de référenceâ ?¦
La direction de l’hôpital de Pithiviers, Loiret, a annoncé le 8 mars la prochaine fermeture de la maternité, sur injonction de l’ARS, en invoquant le manque de sécurité (manque de médecins). Il faudra aller accoucher au CHR d’Orléans, à Gien, Montargis ou dans l’Essonne. Et pour celles qui en ont les moyens en clinique commerciale.

Plutôt que d’améliorer la sécurité supposée défaillante sur Pithiviers, l’Agence Régionale de Santé impose une perte de chance aux futures mamans inutilement exposées à un transport de plus de 2 heures. Les autres services de maternité du département sont déjà surchargés et ce transfert d’activité dégradera encore plus le service offert aux femmes. Le seul objectif de l’ARS est de faire des économies aux risques et périls de la population et non d’assurer la sécurité.

Enfin que va devenir le personnel ?
La fermeture des salles de naissance, c’est en plus la fermeture du bloc opératoire et la menace de perdre des emplois qualifiés (aides soignantes, auxiliaires de puériculture, puéricultrices, infirmières spécialisées, sages femmes et médecins. Que vont devenir les hospitalier-es concerné-es ? Trimballé-es comme de vulgaires pions à l’autre bout du département ou de la région et condamné-es, eux et elles aussi, à passer leur vie sur les routes pour ne pas perdre leur emploi.

La maternité de Pithiviers a été un service d’innovations au service des femmes.
C’est dans cette maternité que, pour une des premières fois dans notre pays, sur l’initiative de son équipe médicale et soignante avec le D. Michel Odent, il a été possible d’humaniser l’offre de soins faite aux femmes et de ne plus réduire l’accouchement à un acte médicalisé. En redonnant l’initiative et une grande partie de la maitrise de leur propre accouchement aux mamans, l’équipe de Pithiviers a participé au mouvement de libération des femmes et a largement inspiré des dizaines d’autres équipes en France et dans le monde.
Rayer ce service d’un coup de plume est un crime contre l’histoire des progrès sanitaires de notre pays, un crime contre les femmes, un crime contre l’emploi et la population de Pithiviers et du département.

Auto-organisation de la lutte :
Ces femmes en lutte sont sur tous les fronts : manifestations, négociations, grèves, interpellation des élus du département, ou du premier ministre en visite dans le Loiret, questions au gouvernement relayées au parlement. Elles sont partout, de la rue aux réseaux sociaux, des salles de naissance aux lieux de pouvoir. Un vrai... siège et aucune porte de sortie laissée aux technocrates !

Quelle leçon et quel savoir faire pour des collègues si peu rompues au travail syndical ! Elles font la démonstration que ce sont d’abord de vraies militantes au quotidien. C’est leur engagement professionnel qui s’exprime avec force à travers cette lutte admirable. Au boulot comme dans la rue, face aux technocrates de l’ARS comme aux côtés des femmes qui leur font confiance lors de leur accouchement, toujours au service des autres.

Une lutte citoyenne :
Et c’est tout le Nord du Loiret qui entre en lutte à leurs côtés, commerçants, agriculteurs, association d’usagers très active. La population a bien compris le danger. La fermeture de la maternité annonce la fin de l’hôpital avant celle des autres services publics. Déjà plusieurs bureaux de poste des communes environnantes sont fermés. La fermeture de la sous-préfecture est prévue. Autant d’emplois et de services à la population supprimés.
Une opération ville morte a eu lieu le 30 avril avec un blocage par les agriculteurs et les motards des accès à la ville et deux cortèges de manifestation, 1200 personnes au moins, se sont rejoints au centre de la ville pour dire clairement NON à cette politique de casse des services publics.

Alors comme elles, osons dire non à la marchandisation de la santé !

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