Les hordes sauvages aux portes de la Pitié ?

L’enfumage gouvernemental se dissipe autour des événements au Centre Hospitalier de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Voici le communiqué de SUD Santé APHP à ce sujet.

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communiqué de SUD Santé APHP

Depuis hier, fin d’après-midi, le gouvernement et la direction générale de l’APHP communiquent de concert sur l’ « attaque » intolérable qu’aurait subi le service de réanimation chirurgicale de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. Des manifestants auraient pénétré l’hôpital et auraient vandalisé du matériel informatique après avoir tenté de perturber les soins et plus largement la prise en charge de patients fragiles de ce service. Par ailleurs chacun sait que l’atmosphère autour de l’établissement, sur le boulevard de l’hôpital était sereine, tout à fait propice à la flânerie et que rien ne peut expliquer dans le contexte, un repli de protection d’une poignée de manifestants, acculés, gazés, et menacés d’une charge toute proche des forces de l’ordre.

Rien de tout cela n’existe et nous sommes bien devant un acte volontaire, délibéré, peut-être même militant de destruction du service public hospitalier tant cette revendication chacun le sait est portée haut et fort à la fois par le mouvement syndical et celui des gilets jaunes. La ficelle est tellement grosse que la plupart des médias relaient et vont jusqu’à faire de Castaner, Buzyn et Hirsch les défenseurs du service public de santé.

La vidéo est accablante selon le directeur général de l’APHP, qu’il la divulgue alors plus largement qu’il ne l’a fait. Nous apprécierions alors par nous même les évènements et leur portée, nous croiserions avec d’autres bandes que nous avons pu déjà consulter et nous nous ferions une idée plus précise. Nous condamnerions alors toute forme de violence vis-à-vis du service public hospitalier et de ses agents, mais nous serions tout aussi intransigeants devant toute une manipulation, un détournement des faits par des ministres notamment et de nos tutelles tout particulièrement. Nous avons encore en mémoire ce qu’il fut avéré de la « horde de sauvages » qui avait attaqué les vitres de Necker, nous n’oublions rien.....

Plus largement SUD-Santé APHP déplore l’attitude servile de la direction de l’institution comme sa promptitude à accompagner le gouvernement dans son plan communication. Ce n’est pas la première fois et la récente affaire de délation institutionnelle de l’identité des blessés gilets jaunes n’est pas glorifiante c’est le moins qu’on puisse dire. La demande de la directrice du groupe hospitalier hier en marge de la visite du ministre de l’intérieur de virer une banderole revendicative des personnels des urgences en grève et de repousser ceux-ci hors champ laisse entendre du climat général. Rien ne va plus mais ça ne doit pas se voir... et tant que ça ne se voit pas, vous pouvez continuer messieurs et mesdames les ministres...

Mais à l’APHP et bien au-delà aujourd’hui la grogne monte, et ce n’est pas, même rondement mené, un plan communication de la sorte qui y changera quoique ce soit. Si M.Hirsch directeur de l’APHP, plus grand CHU d’Europe est comme on le prétend si proche du pouvoir, il ferait bien d’y porter la voix des hospitaliers, et faire entendre l’intérêt de cette grande institution, de ses agents plutôt que de faire figure de triste suiviste docile. L’APHP a besoin de plus d’ambition, et de moins d’ambitieux. Si les grands commis de l’état ne savent plus le faire, contraint dans leur plan de carrière, ce n’est plus de l’intrusion d’une trentaine de personnes dont il sera question.

En attendant SUD-Santé APHP appelle tous les témoins, personnels de la Pitié, usagers, passants à l’aider à faire la lumière sur cette affaire. Si les personnes incriminées n’ont fait là que se mettre à l’abri, se protéger, ils ne sauraient être les victimes de ministres pyromanes en manque de crédibilité. Nous, nous le devons.