Lanceuse d’alerte menacée et harcelée dans un EHPAD de Livry Gargan (93)

Alors que Santé Publique France s’interroge sur le fait que « les soignant.e.s contaminé.e.s l’ont été parce qu’ils et elles ne portaient pas tout le temps le masque » car les 1ers résultats de leur enquête « soulignent un défaut d’utilisation des mesures de protection sans qu’il soit possible à ce stade d’en identifier les raisons » plusieurs salarié.e.s ayant dénoncé des dysfonctionnement et le manque cruel de masques et matériel de protection, sont aujourd’hui sanctionné.e.s, menacé.e.s, harcelé.e.s par leur direction ! 

Le 6 juillet dernier, une bonne centaine de manifestant·e·s s’étaient rassemblé·e·s dès 9H devant cet EHPAD du 93 où sévit un "management par la peur", pour soutenir Anissa et Aziza qui allaient subir des entretiens préalables à procédures disciplinaires (Aziza pour avoir posé avec un masque FFP2 dans un média ?!! Et Anissa, représentante SUD au CHSCT, pour être devenue "lanceuse d’alerte" en communiquant dans quelques médias afin de protéger ses collègues, leurs proches, les résident·e·s et sauver des vies !!).

Une très belle réussite (notamment pour un 6 juillet) qui avait impressionné la directrice de l’EHPAD. Celle-ci avait alors transformé "un entretien préalable à procédure disciplinaire" pour Anissa en "une enquête administrative en vue d’éclairer son jugement car elle revenait de congés maternité et n’avait pas suivi ce qui s’était passé durant le confinement".

rassemblement du 6 juillet 2020

Le rassemblement s’était déroulé dans le calme avec plusieurs prises de parole.

6/O7/2020, Prise de parole de la Fédération SUD Santé Sociaux en soutien à Anissa

A l’intérieur la DRH et consors ré-écrivaient l’histoire du déroulement des évènements (en gros : c’était difficile, la direction avait tout bien fait avec les moyens du bord). De notre côté nous avions martelé que, si les dirigeants de ce pays devront rendre des comptes pour les milliers de mort·e·s qui auraient pu être évité·e·s, il y a eu aussi de graves manquements dans la gestion de la crise Covid par la direction locale : quasi aucune communication, ni présence sur le terrain, refus d’organiser un CHSCT extraordinaire réclamé à de multiples reprises, et bien sûr manque de matériel de protection, de personnels, etc. Nous avions réclamé Zéro sanction et PAS de conseils de disciplines pour Anissa et Aziza (qui elle était convoquée cet AM, et n’aura finalement aucune sanction)...

La directrice nous avait assuré qu’elle allait continuer "son enquête" pour Anissa et discuter avec les salarié-es de l’EHPAD avant de prendre une décision.

Mais comme vous pouvez le lire dans le courrier des camarades du SUD Santé Sociaux de Seine Saint Denis gros retournement de situation : diffamation sur nos camarades, menaces, intimidations des agent·es pour qu’iels changent leur témoignages, harcèlement !

La directrice a dit que des têtes allaient tomber, qu’elle pouvait mordre, qu’elle pouvait licencier !

Il est déjà loin le temps des belles paroles de Macron durant le pic épidémique quand les collègues prenaient tous les risques. Les représailles contre des syndicalistes et des salarié·e·s "lanceur-ses d’alerte" commencent à faire système : Laetitia, Anissa, Aziza, Thomas, Philippe, ne sont que les 1ers d’une longue liste. Macron nous a averti : la rentrée sera dure, il y aura des licenciements, il faudra travailler plus longtemps, revenir à la réforme des retraites suspendue (et maintenir haut les profits des profiteurs, mais ça il le dit pas !), etc. Et pour cette triste besogne, il leur faut reprendre la main, nous faire marcher au pas, nous intimider, nous museler avec leurs zélés petits soldats, pour qu’on bosse et qu’on la ferme.

Partout où la répression des directions frappe les salarié·e·s mobilisé·e·s pour la défense de leurs conditions de travail, la Fédération SUD Santé-Sociaux est et sera dans la lutte. Elle continuera de défendre, d’autant plus dans la période d’épidémie sanitaire et de crise sociale qui s’ouvre, les droits des agent.es, la liberté de les défendre, de s’organiser collectivement et de lutter ensemble. Aucune menace ou répression ne sera acceptée.

Basta ! Nous, Fédération SUD Santé Sociaux, allons continuer à nous battre et nous n’oublierons rien : ZÉRO Sanction (mais des remerciements) pour les lanceur-ses d’alerte !


article du Canard Enchaîné sur l'enquête Santé Publique France sur la (...) rassemblement du 6 juillet 2020

Petit message à Santé Publique France qui s’interroge sur le fait que « les soignant.e.s contaminé.e.s l’ont été parce qu’ils et elles ne portaient pas tout le temps le masque » car les 1ers résultats de leur enquête « soulignent un défaut d’utilisation des mesures de protection sans qu’il soit possible à ce stade d’en identifier les raisons » : la Fédération SUD Santé Sociaux tient à votre dispositions les centaines de droits d’alertes et/ou de retrait dénonçant le manque de matériel de matériel de protection ou la qualité médiocre de celui-ci quand il était présent dans les services de soin !

article du Canard Enchaîné sur l’enquête Santé Publique France sur la contamination des soignant.es