La police mutile un militant SUD

Le 15 septembre 2016, aux alentours de 16 h 45, à la fin de la manifestation contre la loi travail place de la République, Laurent Theron, 46 ans et syndiqué SUD Santé Sociaux de l’AP/HP, a reçu au visage l’éclat d’une grenade lancée par les forces de l’ordre. Malgré les soins prodigués, notre camarade a perdu depuis l’usage d’un œil.

La police est de nouveau passée à l’acte, à Paris, le 15 septembre 2016, sans discernement ni mesure aucune. Laurent est une nouvelle victime des forces de l’ordre dans le cadre des manifestations contre la loi travail qui ont déjà fait des dizaines de blessé-es, certain-es très grièvement. Gazages, coups de matraques et de tonfas, grenades de désencerclement, tirs de flash-ball, passages à tabac… Les vidéos sont nombreuses pour témoigner de ces violences policières…
Plaies ouvertes, fractures mais aussi des blessures irréparables, des mutilations, comme pour Jean-François à Rennes en avril dernier et aujourd’hui Laurent qui ont perdu un œil. Notre camarade, est victime de ce que la préfecture nomme un « projectile indéterminé ».

Projectile indéterminé ? Usage de la force injustifié !

Que faut-il comprendre de ce propos officiel de ce qui est déterminé ou pas ? Le projectile, la cible, les deux ? C’est vraisemblablement un morceau d’une grenade lacrymogène lancée par les forces de l’ordre qu’a reçue au visage Laurent Theron.

Selon les multiples témoignages, rien ne justifiait de faire usage de la force à l’encontre du groupe de manifestants dans lequel se trouvait Laurent. Celui-ci se trouvait à côté du skate-park à l’entrée de la place de la République et discutait comme beaucoup d’autres personnes autour de lui en fin de manifestation. A proximité, aucune action à l’encontre des forces de police. Pourtant elles ont lancé une charge accompagnée de tirs massifs de grenades lacrymogènes, de grenades de désencerclement et de flash-ball.

Protéger « la République » à tout prix

A chaque fois qu’une manifestation se termine, les forces de l’ordre évacuent les places d’arrivée sans délai, dans un déchaînement de violence inadmissible.
Comme à chaque lendemain des Nuits Debout, où le grand ménage fût fait, de peur que la contestation s’installe, de peur que la jeunesse s’installe, de peur que le peuple s’installe, tranquillement pourtant, à regarder le monde autrement, à discuter la société autrement, en mode pacifiste mais pas pour autant contemplatif, envisager l’avenir sous un angle Différent… Solidaire, Unitaire, Démocratique…

Une pierre, deux coups, un blessé grave

Ce jour-là les forces de l’ordre, pour éviter la contamination du printemps dernier, ont encore empêché que la contestation s’installe place de la République, comme écho improbable à Tian’anmen, Kasbah, Tahrir, Wall Street …

Ce jour-là, les forces de l’ordre ont encore réprimé la contestation sociale. Le gouvernement entend étouffer brutalement la légitime colère qui s’exprime dans ces manifestations et les occupations de places publiques à travers toute la France. La police aux ordres, et la justice ensuite, frappent, aveuglément, jeunes, personnes âgées, migrant-es, militant-es. Interdictions de manifester, assignations à résidence, matraquages et gazages dans les manifestations… la répression est physique et psychologique.

Nous n’en resterons pas là


Plus de cinquante enquêtes policières sont ouvertes suite à des plaintes déposées par des manifestant-es contre la loi travail.
Malgré ces violences et ces intimidations, les militant-es SUD Santé Sociaux continueront de participer activement à la construction de luttes convergentes et plus largement aux conditions permettant le passage à une véritable transformation sociale auto-gérée, alternative au capitalisme…
Notre organisation et l’Union Syndicale Solidaires à laquelle elle est affiliée, soutiennent également toutes actions juridiques visant à faire condamner les violences policières et toutes formes de tentatives d’entrave à l’expression démocratique.
L’Inspection Générale de la Police Nationale a été une nouvelle fois saisie pour Laurent, comme dans de nombreux autres cas, notamment par des militant-es de Solidaires blessé-es alors qu’ils/elles manifestaient pacifiquement.

A ce jour, aucune sanction n’a encore été prononcée et le principal responsable de cette situation, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve est toujours en poste.

Caisse de Solidarité

Le syndicat Sud Santé APHP met en place une caisse de solidarité pour notre camarade Laurent Théron blessé à l’issue de la manifestation du jeudi 15 septembre.
Les section du syndicat APHP peuvent faire remonter leur participation à la trésorerie centrale, par chèque pour ceux qui ont un compte, par simple déclaration pour les autres.

Je participe à la caisse de Solidarité en ligne !

Les dons personnels ou émanant d’autres structures doivent se faire par chèque à l’ordre de Sud Santé APHP (indiqué au dos "solidarité Laurent").
Les dons en espèce sont possible avec un mot d’accompagnement.

Syndicat Sud Santé Solidaires AP-HP
Hôpital Paul Brousse
12-14, avenue Paul Vaillant Couturier
94 804 Villejuif Cedex

Communiqué SUD santé Sociaux Solidaires

Le 15 septembre, aux alentours de 16 h 45 alors que le cortège parisien de la manifestation intersyndicale contre la loi travail finissait place de la République, Laurent Theron, père de deux enfants, 46 ans, secrétaire médical à l’Hospitalisation A Domicile (HAD) de l’unité Albert Chennevier de Créteil (94), syndiqué au syndicat SUD Santé Sociaux de l’AP/HP, a vraisemblablement reçu au visage un morceau d’une grenade lancée par les forces de l’ordre.

Malheureusement, malgré les soins prodigués cette nuit à l’Hôpital Cochin, Laurent Theron a perdu l’usage de son œil.

Selon de multiples témoignages, rien ne justifiait de faire usage de la force à l’encontre de Laurent Theron. En effet, celui-ci se trouvait à côté du skate park à l’entrée de la place et discutait comme beaucoup d’autres personnes autour de lui en fin de manifestation. Il n’y avait à proximité aucune action à l’encontre des forces de police. Pourtant les forces de l’ordre ont lancé une charge accompagnée de tirs massifs de grenades lacrymogènes, de grenades désencerclantes et de flash ball. C’est à ce moment là que Laurent Theron a été blessé à l’œil, son voisin étant lui blessé aux jambes.

Dans les images disponibles, une goupille de grenade est parfaitement visible dans le sang de notre camarade. Pris en charge, notamment par les « Street Medic », Laurent a du attendre 55 min avant d’être pris en charge par les pompiers.

L’Union Syndicale Solidaires et la Fédération Sud Santé Sociaux apportent tout leur soutien à Laurent Théron comme aux nombreux-ses blessé-es d’hier et de ces derniers mois. Nous dénonçons avec force l’usage disproportionné des grenades de désencerclement, lacrymogènes et des tirs de flash ball qui ont fait des centaines de blessé-es, parfois très graves. L’Inspection Générale de la Police Nationale a été saisie dans de nombreux cas, notamment par des militant-es de Solidaires blessé-es alors qu’ils/elles manifestaient pacifiquement. A ce jour, aucune sanction n’a encore été prononcée et le principal responsable de cette situation, le ministre de l’intérieur B.Cazeneuve est toujours en poste.

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L’Union Syndicale Solidaires, partie prenante de l’appel Contre l’intimidation technologique des manifestants, pour la liberté d’expression et de manifestation, aux côtés de syndicalistes, avocat-es, écrivain-es, député-es continue à exiger
l’interdiction de l’usage des lanceurs de balle et des grenades de désencerclement.

Plus largement, l’Union syndicale Solidaires, avec la CGT, la FSU, le SAF, la LDH, la FIDL et l’UNL demande l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les choix opérés par le ministère de l’Intérieur depuis le début de la mobilisation contre la « loi travail » et que les responsables de la mutilation de Laurent Théron répondent de leurs actes.

Page de contact de Sud Santé APHP


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