J’ai choisi mon camps... Et pratique le hors-piste

Tract de SUD Santé Sociaux Paris -
Annoncé à grands renforts de communication, un camp humanitaire d’accueil des "migrants primo arrivants" ouvre ses portes dans le 18ème arrondissement en octobre 2016. Si la vitrine est belle, il est nécessaire d’examiner l’arrière-boutique... moins reluisante.

#refugeesWelcome

Ce camp humanitaire sera en vérité une plateforme de tri des migrants, « Ce camp est un palliatif à la rue, et surtout pas un hébergement de moyen terme », nous dit Mme Versini, adjointe à la Maire de Paris en charge des Solidarités. Les courts séjours ne pouvant excéder 10 jours « juste le temps pour chacun de se reposer et d’être orienté vers un dispositif correspondant à sa situation ». Les capacités d’accueil de ce premier camp sont de 400 hommes isolés, un second devrait ouvrir pour les femmes et les publics vulnérables.

L’association Emmaüs Solidarité gérera ce camp. Si l’embauche de 100 professionnels est annoncée, la chasse aux bénévoles est également ouverte... Le travail social est un métier, les bonnes volontés et bons sentiments ne font pas nécessairement le bon accompagnement. Quant aux professionnels recrutés, quelle sera leur mission exacte ? Seront-ils chargés de trier le bon réfugié du mauvais migrant économique ? Et si, du fait de l’embolisation du système de l’hébergement d’urgence (que nous dénonçons depuis des années) aucune solution n’est disponible après les 10 jours de séjour autorisés, les travailleurs sociaux devront-ils faire des ruptures « illégales » d’hébergement en « raccompagnant » les migrants à la rue ?

La "solution divinatoire" de la Mairie de Paris selon les mots de Dominique Versini n’est pas adaptée à la réalité de la situation des exilés en Ile de France : 400 places alors que plus de 3000 personnes dorment régulièrement sur les campements aux abords de Stalingrad et Jaurès... 5 à 10 jours pour orienter vers les dispositifs adaptés alors que les demandeurs d’asile ne peuvent déposer leur demande avant de nombreuses semaines (faits pour lesquels le préfet de Paris a été condamné 136 fois ces derniers mois !).

RAFLE ? Révise ton français avec la Préfecture :
1/ Opération policière exécutée à l’improviste dans un lieu suspect, en vue d’appréhender les personnes qui s’y trouvent et de vérifier leur identité.
2/ Arrestation massive de personnes.

- Définitions extraites du Larousse -

C'est la traque from La Chapelle Debout ! on Vimeo.

Pour Sud Santé Sociaux Paris, le travail social n’est pas le gant de velours de la main de fer de la police !

Nous réclamons l’application des lois existantes : accueil de toutes les personnes à la rue et continuité de la prise en charge. Nous revendiquons des moyens et des conditions de travail en conséquence pour les travailleurs sociaux afin de mettre en œuvre des conditions d’accueil dignes pour toutes et tous

A Sud Santé Sociaux et avec notre Union Syndicale Solidaires revendiquons :

  • Des papiers et un logement pour toutes et tous (réquisition des logements et bureaux vides, baisse des loyers),
  • L’arrêt des opérations policières de chasse aux exiléEs,
  • L’harmonisation par le haut des politiques sociales au niveau européen,
  • La liberté de circulation, d’installation et l’élaboration d’une politique migratoire impliquant les syndicats, les organisations des droits de l’homme.

contact

SUD Santé Sociaux Paris


Politique du Chiffre
Du 01/08/2016 au 31/10/2016
A Jaurès/Stalingrad/La Chapelle
- 28 rafles
- 2 évacuations
- 4 500 arrestations
- 120 personnes en rétentions

Interrogations pour une politique Européenne de l’accueil
Quid des exiléEs ayant déposé leurs empreintes dans d’autres pays d’Europe ? Se verront-ils remettre un « deportation paper » (sic) vers ce pays ? Vers l’Italie qui a repris les expulsions vers le Soudan ?

Quid des exiléEs qui souhaitent continuer leurs routes vers un autres pays ? Une fois hébergés, seront-ils fichés et donc interdits de demander l’Asile en Angleterre ou en Allemagne ?


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