Hold-up sur l’AGEFIPH !

C’est pas la fête à Macron mais les personnes handicapés vont trinquer ! L’AGEFIPH (l’Association pour la Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées) est l’organisme collecteur et gestionnaire de la taxe versée par les entreprises qui ne remplissent pas leur obligation d’emploi de 6% de personnes en situation de handicap. Modèle de démocratie sociale, l’Agefiph, est une association au paritarisme élargi (syndicat, organisation patronale, associations représentatives sur le champ du handicap). Elle utilise ses ressources pour délivrer des services et des aides aux entreprises et aux personnes. Elle facilite par ses dispositifs et ses aides la recherche d’emploi, le recrutement, le maintien dans l’emploi, la formation et soutient les entreprises dans leurs efforts de politique RH en direction des personnes en situation de handicap.

L’Agefph est en péril. Le gouvernement à travers ses réformes, continue de vouloir étatiser le paritarisme, et, au passage, l’argent des entreprises et des salariés qui y travaillent pour produire des richesses et permettre la répartition solidaire. Mais à quoi va servir cet argent ?

UN JOLI COUP DE BONNETEAU.

L’Agefiph collecte, gère et définie son intervention via son conseil d’administration. Or, sa collecte à partir de 2021 sera confiée à L’ACOSS (Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale). Ce transfert de collecte s’effectuera sans aucune garantie à ce jour de retour du fonds vers l’Agefiph. Bien au contraire. Il est vrai que les gouvernements successifs se sont habitués à ponctionner le fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros par an pour d’autres actions que l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. La dernière ponction en date, de 50 millions, allant vers les entreprises adaptées ce qui favorisera la précarité des travailleurs handicapés.

NI VU NI CONNU

Sans concertation avec l’Agefiph, une note récente de la DGEFP (Direction Générale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle) préconise de confier à Pôle emploi l’accompagnement renforcé des personnes en situation de handicap, jusqu’à présent réalisé par les structures spécifiques financées et pilotées par l’Agefiph. Les fonds de gestion de ces structures, ainsi que le fond du catalogue des aides et prestations proposé par l’Agefiph seront également confiés à Pôle emploi. Ce qui représenterait entre 250 et 300 millions d’euros sur une collecte de 385 millions environs.
L’Agefiph ne décidera plus de son offre de services à partir de son expertise de 30 ans, mais c’est Pôle emploi qui en décidera. Curieusement, cette décision fait suite à une expérimentation qui a duré 6 mois, effectuée à Pôle emploi dans 5 agences sur l’accompagnement des personnes en situation de handicap, mais dont aucune évaluation n’a été produite.

JE T’EMBROUILLE ou l’astuce de l’inclusion

Ces orientations se font au nom d’une soit disante inclusion qui, en l’état, risque d’être un retour d’avant la Loi de 1987 qui a créé l’AGEFIPH : l’invisibilité discriminante des personnes en situation de handicap noyée dans la masse de 3 millions de chômeurs.
L’Agefiph dans ces conditions est vouée à disparaître puisqu’elle ne pourra plus assumer la mission de service public qui lui est confiée. Aucun des 400 salariés de l’AGEFIPH, dont 20% sont des personnes handicapées, ne serait repris par Pôle emploi. Ils grossiront les rangs de chômeurs dans l’indifférence du gouvernement.

Non à la casse de la mission de service public portée par l’AGEFIPH !