différent N° 24

RETOUR A L’EMPLOYEUR
1900, les employeurs n’ont aucune responsabilité vis-à-vis de leurs employés. Ils se contentent d’engranger
les bénéfices de la valeur ajoutée produite par leur capital et par le travail de la population.
Les travailleurs n’ont aucun droit et vivent dans une situation d’insécurité sociale permanente. Des
rémunérations de misère qu’ils peuvent perdre à la moindre maladie, accident de travail ou licenciement,
cette situation précaire perdure en fin de vie en l’absence de retraite.
En 1945, après 2 guerres mondiales, dans un pays exsangue et ruiné, il allait pourtant se produire une
véritable avancée sociale, ce sont de nouveaux droits et protections sociales qui verront le jour pour les
travailleurs, face à un patronat totalement discrédité par à son attitude collaborative avec le nazisme.
C’est ce que l’on a appelé le compromis de 45, qui garantissait enfin à tout citoyen une protection
sociale de la naissance à la mort. Ce compromis s’appuyait sur 4 piliers : la Sécurité Sociale, la retraite
par répartition, les services publics et le droit du travail. Il entérine également un droit à la culture.
Enfin les employeurs doivent contribuer et garantir à leurs employés des conditions de vie décentes.
Depuis cette époque, grâce à la sécurité sociale, des générations de travailleurs ont pu être protégées
et prise en charge lors de périodes de maladie, d’accident de travail ou de chômage. La mise en place
d’un système de retraite par répartition qui assure une solidarité intergénérationnelle a écarté les fins
de vie misérable pour les travailleurs. Les services publics ont permis au citoyen de pouvoir bénéficier
de nombreuses prestations à un moindre coà»t (poste, éducation, transport, hôpitauxâ ?¦.). La mise en
place d’une représentation des personnels (IRP) dans l’entreprise, imposée par la lutte des travailleurs
a permis d’exiger des conditions de vie, de travail et de rémunération dignes.
On assiste aujourd’hui à la remise en cause de tout ce système social. La valeur ajoutée des entreprises
est de plus en plus détournée au profit des actionnaires et employeurs. Avec l’arrivée de Sarkozy, les
employeurs tiennent leur revanche sur le compromis de 45 qui leur a été imposé. Les liens entre le
Gouvernement et le Medef en témoignent ! La politique mise en oeuvre en atteste : dégradation de
la Sécurité Sociale, remise en cause de la retraite par répartition, privatisation des services publics et
casse du droit du travail.
Les choses vont vite, et, qui mieux que les travailleurs du sanitaire et du social que nous sommes
pour le constater ? La situation de l’hôpital public est de plus en plus catastrophique, les conditions
de prise en charge des patients se dégradent alors que le reste à charge ne cesse de croître. Les salaires
stagnent, le pouvoir d’achat des salariés baisse. Les différentes réformes des retraites grignotent les
conditions de vie des retraités et le gouvernement s’apprête à en remettre une louche. Les services
publics disparaissent doucement mais sà»rement, avec à la clef de nombreuses pertes d’emplois et l’ouverture
de marchés juteux que paieront plein pot les citoyens. Quant au droit du travail, il se dégrade
et les employeurs exercent un pouvoir de plus en plus prégnant conduisant certains salariés au suicide.
2010 ne doit pas être l’année du retour à l’employeur du début de 20ème siècle !
Pourquoi n’arriverions nous pas à sauvegarder un système social digne de ce nom, pourquoi n’arriverions
nous pas à le réactualiser et le moderniser, alors que contrairement à 1945, notre pays figure
parmi les pays les plus riches et les plus nantis de la planète.
2010 doit être l’année du sursaut pour un projet social qui protège et préserve des conditions de vie
décentes pour l’ensemble de la population.


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