différent N° 22

Pour les actionnaires et les banquiers, la crise est finie, le " business as usual " a repris,
les traders spéculent et les bonus atteignent à nouveau des sommets indécents.
En revanche pour la " France d’en bas " les choses vont de mal en pis, la crise et ses conséquences
sociales dramatiques s’aggravent. Dans le privé le chômage et précarité explosent,
dans le public le gouvernement supprime massivement des emplois, en même temps qu’il
privatise à tout va, à la Poste, dans la Santé, dans le Social... L’exclusion se développe.
En bousculant y compris sa propre majorité parlementaire, Sarkozy maintient le cap de la
mise en oeuvre du projet du MEDEF. Il amplifie la campagne de démantèlement des services
publics, affaiblis les ressources de l’Etat, des collectivités territoriales et celle de la solidarité.
Il casse les droits sociaux et impose une politique sécuritaire à coup de dramatisation et de
démagogie. Il s’appuie sur l’autoritarisme concentre les pouvoirs et transfère les dépenses.
Quand il parlait d’une droite décomplexée, on peut dire aujourd’hui
décomplexée des notions de démocratie et d’égalité !
Pourtant l’usure de son système est très nettement perceptible, et ce malgré le rouleau
compresseur de la " com " gouvernementale, malgré l’énergie que déploie la
gauche à se décrédibiliser, et malgré l’inertie d’un front syndical aux abonnés absents.
Sans cesse de nouveaux foyers de lutte apparaissent, expressions de la souffrance au
travail à laquelle nous consacrons le dossier de ce numéro, et des résistances dispersées
cherchent à s’organiser, exemple : luttes contre les fichiers, grèves des travailleurs
sans papiers, coordinations des luttes Sony, Conti, Molex... Dans toutes ces luttes, on
retrouve des équipes syndicales à l’oeuvre, des réseaux de collectifs, des associations.
La sympathie de la population pour les initiatives qui se mènent comme le succès de la
Votation citoyenne pour la Poste, la ténacité des " désobéisseurs " de l’Education nationale,
les mobilisations de parents, d’enseignants pour les enfants dont les parents
sont sans papiers, les actions logements (jeudis noirs, DAL etcâ ?¦) nous encourage.
Pour nous c’est aussi le refus de la transformation des travailleurs du sanitaire
et du social en variables d’ajustements, jetables et corvéables à souhait !
Cela passe par les luttes contre les fermetures d’hôpitaux, contre la casse des conventions
collectives du social et du médico-social, contre les " Ordres " professionnels
imposés à la hussarde avec l’appui du gouvernement, pour nous museler.
La résistance est très vive bien ancrée sur le terrain mais trop peu fédérée, malgré
tout, elle enregistre quelques victoires comme à Valréas, Die etcâ ?¦. Les
luttes dans les établissements sont multiples et souvent acharnées et aboutissent
a des victoires locales. La résistance à la casse des conventions ne faiblit pas.
Dans toutes ces actions nous avons et nous aurons un rôle décisif à jouer, aux côtés
des usagers, des citoyens et des salariés mobilisés. Notre volontarisme, notre
radicalité est un élément nécessaire et reconnu des résistances aujourd’hui à
l’oeuvre, les faire vivre, y prendre notre place et les amplifier sera notre avenir.


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