DES ASSISES DE LA SANTÉ MENTALE ET DE LA PSYCHIATRIE LES 27 ET 28 SEPTEMBRE

Au début de l’année, le Président a appelé à des Assises en santé mentale et en psychiatrie. Comme si ce rendez-vous allait constituer une étape pour repenser le soin. Sans jamais reconnaître que ce sont les politiques d’austérité, couplées à la marchandisation de la santé, qui ont conduit à la situation actuelle, si dramatique, de la psychiatrie publique. Son râle, nous l’entendons chaque jour plus fort.

Et nous, professionnel·les de santé du secteur psychiatrique, ne sommes pas dupes des discours creux. Nous disons que la réorganisation à venir des parcours, la démarcation entre troubles sévères et « troubles légers », et leurs corollaires, les plateformes, sont le crépuscule du soin. Nous refusons le modèle déshumanisé de la plateforme comme horizon des prises en charges thérapeutiques.
Le soin, c’est d’abord un accueil, une présence, une écoute, des rencontres, des liens. C’est une hospitalité qui n’est pas limitée à un nombre calculé et prédéterminé de séances. C’est une hospitalité de la souffrance psychique qui s’inscrit dans le temps. Dans un face à face incarné et non dématérialisé. Avec une équipe et non dans une relation duelle, étroite qui peut se fragiliser, voire devenir menaçante.
L’espoir de soulager autrui nous donne encore le courage de travailler. Mais cela devient de plus en plus difficile dans des hôpitaux psychiatriques en restructuration permanente. Avec des budgets de plus en plus contraints, comme cela ne manquera pas de se préciser avec la mise en place de la réforme du financement de la psychiatrie en janvier 2022.
Et puis l’extension démesurée du pass sanitaire, les menaces détestables concernant tout particulièrement l’accès aux soins conditionné à la vaccination, au PCR négatif, à la preuve que l’on a eu le Covid, s’ajoutent au tableau sombre de nos vies professionnelles et personnelles…
Cessons d’être des élèves discipliné·es perpétuant un système de santé public en cours de destruction organisée. Cessons d’être des agents infantilisé·es, tenant à bout de bras des lieux négligés où l’on tente de bien faire malgré tous les obstacles. Trop souvent, par notre engagement même, nous contribuons à maintenir l’intolérable en place. Déjouons les pièges de l’obéissance. Cessons de subir. Arrêtons de fuir. Luttons partout où nous nous trouvons.
Afin que la volonté et la détermination à soigner ne soient pas étouffées par les discours mensongers, soignant·es, soigné·es, usager·es, familles, ami·es, rejoignons-nous à l’occasion d’un automne de mobilisations en faveur d’une psychiatrie publique humaine, porteuse d’espoir, accessible à toutes et tous.

Lors des Assises, dans l’unité la plus large, devant le ministère, les ARS, les services, partout : retrouvons-nous pour retrouver le sens du soin.