De l’argent pour le social, pas pour le capital !

Près d’un million de migrants franchiront les frontières de l’Union Européenne en 2015. Nous affirmons que ses 500 millions d’habitants sont capables d’accueillir dignement ces réfugiés économiques, écologiques, politiques ou de guerre. A contrario, les représentants de l’Union Européenne s’acharnent à mettre en oeuvre une politique de tri et de répression. Bilan provisoire : des milliers de morts, jamais autant de murs n’ont séparé les populations, le parlement Hongrois a même autorisé l’armée à tirer sur les migrants à condition que ce ne soit â ?opas mortelâ ? (sic).

Tract commun SUD Culture / SUD Collectivités Territoriales / SUD Santé Sociaux

Le pas à faire vers un accueil inconditionnel, tel que nous le revendiquons, est grand. Ce fossé a surtout été élargi par les politiques d’austérité des gouvernements successifs qui détricotent petit à petit le secteur social d’hébergement d’urgence. Nos syndicats, en lutte pour le maintien d’un service public de haut niveau depuis leurs créations, ne peuvent que condamner les â ?olarmes de crocodilesâ ? des partis accompagnant ce détricotage et/ou ceux qui ont le culot de mettre en concurrence les précaires avec ou sans-papiers. C’est oublier les cadeaux sans contreparties faits au patronat et le transfert de budget vers l’armée au détriment du logement et de la santé.

Solidarités entre les travailleurs avec ou sans-papiers

Face à des situations sanitaires et sociales dramatiques, nous saluons les luttes des migrants qui se regroupent, s’organisent et revendiquent. Nos militants sont parmi celles et ceux des nombreux habitants et organisations qui se mobilisent pour les soutenir sur le terrain et pour imposer un accueil digne. Depuis cet été, face à la pression, le gouvernement bricole avec les associations gestionnaires des hébergements temporaires, parfois inadaptés, en espérant que la pression se tasse pour pouvoir ensuite en expulser un maximum. Les travailleurs sociaux font face depuis plusieurs années à une situation de pénurie, travaillent à flux tendu et sans marge de manoeuvre . Ils payent eux aussi des choix politiques : par la dégradation de leurs conditions de travail et la diminution de leurs revenus.

Pas de criminalisation du mouvement social

La succession d’expulsions, de tabassages, de gazages des migrants et de leurs soutiens cet été ne sont que la continuité d’une politique répressive comme l’illustre la situation de Calais. La répression est aussi pratiquée juridiquement : à la demande de la mairie de Paris, le tribunal administratif vient d’ordonner l’expulsion des migrants ayant trouvé refuge dans le lycée désaffecté Jean-Quarré à Paris. A Toulouse, un propriétaire d’HLM a demandé l’expulsion de migrants d’une barre inoccupée (et le paiement des arriérés de loyers...). Des militants, dont deux camarades de SUD cultures, sont accusés de séquestration par l’association Emmaüs Solidarités et passeront en correctionnelle début octobre. Plus que jamais, nous exigeons l’arrêt des politiques répressives et de la criminalisation du mouvement social !

nous revendiquons :

  • des papiers et un logement pour toutes et tous (réquisition des logements et bureaux vides, baisse des loyers),
  • l’harmonisation par le haut des politiques sociales au niveau européen,
  • la liberté de circulation, d’installation et l’élaboration d’une politique migratoire impliquant les syndicats, les organisations des droits de l’homme...

Solidaires dans l’action !

- soutenir les occupations des migrants,
- interpeller les patrons de l’hébergement d’urgence sur leurs choix et leurs collusions avec les pouvoirs publics,
- travailler avec les syndicats et associations au niveau européen pour infléchir la politique européenne,
- se rendre aux rassemblements de soutien aux inculpés de sud Culture.