Transfusion Sanguine en danger !

Le Comité d’établissement de la Transfusion sanguine d’Ile-de-France était réuni ce vendredi 7 juin pour examiner le projet de restructuration (voir note) proposé par la direction de l’EFS pour résorber le déficit. Ce Comité d’établissement fait suite à la réunion du Comité central d’entreprise qui a été réuni le mercredi 5 juin pour donner son avis sur ce projet de restructuration concernant l’Ile-de-France mais aussi l’établissement Centre-Atlantique.

L’ensemble des syndicats présents en transfusion qui s’opposent aux restructurations, avaient appelé à la grève ce jour-là et une centaine de salariés se sont retrouvés devant le siège de l’EFS. Ce projet prévoit pour les deux établissements la suppression de 150 emplois (équivalents temps pleins).

Pour la Fédération Sud Santé-Sociaux la fermeture totale ou partielle de plusieurs des collectes et de distribution et la réduction des effectifs qui les accompagnent, ne constituent en aucune façon une solution.

Les problèmes budgétaires que connaît la transfusion, sont la conséquence directe de la réforme de 98 qui a décrété que l’EFS devait s’autofinancer par la vente des produits sanguins aux établissements de Santé. Or la Transfusion a dà» assumer sur ces fonds propres, en plus de son fonctionnement courant, de lourds investissements pour sécuriser les produits sanguins et a hérité des dettes et du déficit des anciennes structures de la Transfusion. Par ailleurs, même si le prix des produits sanguins a été réévalué par l’Assurance maladie, leur vente ne compense les dépenses de fonctionnement de certains établissements, en particuliers l’Ile-de-France. Cette logique de rentabilité économique décidée par les pouvoirs publics est incompatible avec la notion de service public dont les produits, périssables en quelques jours, sont vitaux pour les malades.

En réduisant les collectes, on prend le risque de ne plus pouvoir satisfaire les besoins en sang. Déjà, régulièrement l’EFS lance des appels par voie de presse pour solliciter les donneurs. En effet, en fermant de nombreux sites et des collecte mobiles, on va imposer aux donneurs bénévoles des "parcours du combattant" pour pouvoir donner là son sang, ailleurs ses plaquettes. Rien de tel pour décourager les donneurs de moins en moins nombreux qui acceptent encore de donner leur sang dans des conditions de plus en plus précaires. D’ailleurs la direction de l’EFS en est bien consciente puisqu’elle avait envisagé de supprimer toute collecte sur l’Ile-de-France pour des raisons économique, mais qu’elle a plutôt décidé "d’améliorer la rentabilité économique de la collecte mobile à Paris" pour "maintenir une culture du don du sang en Ile-de-France".

En fermant des sites de distribution en réduisant de plus de 10 % les effectifs d’Ile-de-France (alors qu’il aurait fallu créer des emplois pour compenser le passage au 35 heures) on risque de mettre en danger la sécurité transfusionnelle qui était le grand prétexte pour engager les deux réformes de 93 et de 98. Il est inquiétant de faire prendre des risques au personnel en les faisant travailler dans des conditions d’effectif minimum dans un secteur où leur compétence et leur vigilance sont vitales pour les malades. Eloigner des receveurs les centres de distribution soulève la difficulté des transports, pour des produits particulièrement périssables et nécessaires de façon parfois extrêmement urgente où chaque minute compte.

Pour la Fédération Sud Santé-Sociaux, la Transfusion ne peut pas fonctionner et s’autofinancer au même titre qu’une usine de chaussures ou de tout autre produit de consommation courante. Il en va de la Santé publique et de la Sécurité transfusionnelle. C’est pourquoi, lors de sa rencontre avec Jean-François Mattei, le lundi 3 juin, Sud a demandé au Ministre de la Santé :

1 - que de toute urgence des fonds publics soit dégagés (sous forme de ligne budgétaire spécifique inscrite soit au budget de l’Etat soit à celui de l’Assurance maladie) pour couvrir les investissements engagés (et à venir) par l’EFS pour sécuriser les produits sanguins, et pour combler le déficit ;
2 - que les restructurations et le plan social qui en découle, soient immédiatement annulés ;
3 - que le mode de financement du budget de fonctionnement de l’EFS soit rediscuté.

La Fédération Sud Santé-Sociaux a décidé de s’adresser aux associations de donneurs, aux différents responsables des établissements de santé (gestionnaires et médecins), aux élus et à la population, pour s’opposer ensemble à ces restructurations et exiger des pouvoirs publics que la Transfusion ait les moyens de fonctionner en dehors de toute recherche de rentabilité économique.

Fait à Paris, le 7 juin 2002


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