Tous dans la rue pour la Sécu, le 5 juin

Le 5 juin, c’est dans la rue que nous devons exprimer notre volonté de rompre avec
la politique ultra-libérale de ce Gouvernement et s’opposer à son offensive contre
la sécurité sociale. Le projet du Gouvernement est une regression sans précédent
qui n’est ni négociable ni amendable.

Malgré le désaveu qui lui a été
infligé aux dernières élections, le
Gouvernement Raffarin entend
poursuivre son entreprise de dé-
molition de la protection sociale et
maintient son calendrier. La loi sur
la "nouvelle gouvernance" devra
être bouclée pour juillet.Le gouvernement, fort d’un "diagnostic partagé",
comme pour les retraites, nous matraque ainsi quotidiennement de contre-
vérité.

La sécu dans le trou

Des propos alarmistes sont répandus à
propos du fameux trou "abyssal" de la
sécu. C’est le prétexte utilisé pour
remettre en cause fondamentalement
les principes de la sécurité sociale et
préparer au mieux les esprits aux restrictions programmées des dépenses remboursées. Pourtant ce déficit (8 %)est à relativiser comparé à celui de
l’Etat (20 %).

La vérité, c’est que la Sécu est pillée par
les patrons et l’Etat (exonérations de
cotisations, dettes de l’Etat, non décla-
ration des accidents du travail...), qu’elle
est victime du chômage et des bas
salaires. La part des profits dans la
richesse créée (la valeur ajoutée) a ga-
gné 10% au détriment des salaires
(directs et cotisations). Et l’ exemple du
moment, c’est Sanofi Synthélabos qui
a pu mettre 56 milliards d’euros (soit 5
fois le fameux trou) pour la fusion avec
Aventis !

Une privatisation camouflée de la Sécu

Le pivot des mesures gouvernementales est la mise en place d’un nouveau
mode de gestion de l’assurance maladie (dite "nouvelle gouvernance"). Les
différents régimes d’assurance obligatoire, les mutuelles et les assureurs
privés, seront regroupés au sein d’une
Union nationale. Ils se partageront ainsi
le contrôle, la gestion de la sécu et
décideront du périmètre de soins remboursables par les régimes de base et complémentaires (appelé aussi "panier
de soins"). La caution scientifique au
déremboursement de certains soins ou
thérapeutiques est donnée à travers la
création d’une Haute autorité de santé.
Cette nouvelle gouvernance, en introduisant les assurances privées dans la gestion, est une porte ouverte à la privatisation partielle de l’assurance maladie.

Les assurés vont encore trinquer

Après les déremboursements de médicaments, l’augmentation du forfait hospitalier, la fin de la prise en charge à 100% de soins pré et post-opératoires,
entraînant une forte augmentation du
tarif des mutuelles et assurances privées, ce sont les assurés qui vont devoir
encore trinquer.

Le Gouvernement, faisant de la
"responsabilisation" le maître mot de sa
réforme, annonce de nouvelles mesures
de déremboursement et une franchise
d’un euro qui sera versée pour chaque
consultation. Mesure dite symbolique,
mais on sait ce qu’il est advenu du forfait
hospitalier, qui en 83, était aussi introduit de la même façon. Depuis il n’a pas
cessé d’augmenter !
Parallèlement il n’est surtout pas question de faire payer un sou de cotisation
sociale en plus aux patrons, de s’attaquer aux profits considérables des trusts
pharmaceutiques ou de remettre en cause
le paiement à l’acte des médecins libéraux, pourtant source d’inflation dans
les dépenses de santé. Par contre, l’augmentation de la CSG pour les retraités
sera retenue.

La santé : un marché juteux

Dans la logique libérale, l’objectif n’est
pas en réalité de limiter les dépenses de
santé mais seulement celles rembousées par l’assurance obligatoire et les
cotisations sociales. Pour le reste le
client est "roi" et peut tout s’offrir
pourvu qu’il ait les moyens de payer.
Ainsi, la réforme proposée est le pendant exact de la réforme des retraites du
printemps 2003. Limiter au minimum la
couverture sociale solidaire, pour contraindre ceux qui peuvent à l’assurance
individuelle avec pour conséquence, une
partie de la population, la plus précarisée,
qui renoncera encore un peu plus aux
soins.

Des alternatives existent

En 1945, le pays était ruiné et détruit et
pourtant on a pu construire la Sécu.
Aujourd’hui on voudrait nous faire croire
qu’on aurait plus les moyens de garantir le droit élémentaire à la santé alors que
le pays est dix fois plus riche !

Des solutions existent : la fin des
exonérations, le développement d’une
véritable politique de l’emploi avec des
salaires décents, une politique de santé
basée sur le développement de l’éducation sanitaire, la prévention, l’aménagement du territoire, l’amélioration des
conditions d’existence et de travail. Il
ne s’agit pas de gérer un système qui
secrète ses propres impasses mais bel
et bien d’imposer un véritable changement pour la satisfaction de nos besoins : c’est un choix de société.

Le 5 juin, toutes et tous dans les rues
La préservation mais aussi l’amélioration (par de meilleurs remboursements)
de notre système solidaire de sécurité
sociale doivent être imposées au Gouvernement mais pour cela, la détermination du mouvement social doit être à la
hauteur de celle du Gouvernement et du
patronat qui veulent nous imposer ce
nouveau recul social majeur.

Pour gagner, il n’y a donc pas d’autre
voies que la lutte et par le développement partout de collectifs unitaires de
défense de l’assurance maladie.

Pour la Fédération Sud Santé-Sociaux, le projet du
Gouvernement est une régression sans
précédent, ni négociable, ni amendable.
C’est pourquoi, elle appelle l’ensemble
des salariés du secteur sanitaire et
social à participer massivement aux
manifestations décentralisées du
samedi 5 juin.


Cette première étape doit être un succès et marquer le début d’une mobilisation d’ampleur. D’ores et déjà le débat
sur une grande manifestation nationale
(type école publique) doit être posé. Ce
gouvernement illégitime et son offensive contre la sécu n’autorisent aucune trêve sociale.

Recherche sur le site

En lutte Concernant

Nos Actions Syndicales