Silence, on tue l’hôpital public !

Elections municipales obligent : silence total concernant les fermetures d’établissements publics. Pourtant localement les annonces affluent : Hôpital de Clamecy dans la Nièvre, suppression de la chirurgie et de la maternité. Mais aussi à Lannemezan, Carhaix, Vaison la Romaine, Belley...

Restructurations : ça va s’accélérer !
La tarification à l’activité à 100% entraîne des réductions budgétaires pour de nombreux établissements ; les déficits se creusent. Il manque globalement près d’un milliard d’euros pour financer les hôpitaux publics.
Des suppressions massives d’emplois sont annoncées comme au centre hospitalier du Havre : 550 emplois en moins sur cinq ans.

La démocratie sanitaire bafouée :
De vrais Etats Généraux de la santé auraient dà» permettre à l’ensemble des acteurs : professionnels médicaux et non médicaux, usagers, élus, de participer à la définition des besoins et des solutions à préconiser.
Au lieu de cela, le ministère de la santé a d’ores et déjà définit ses objectifs et consulte les partenaires qu’il choisit. La Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a été écartée des discussions. (tout comme la fédération Sud santé-sociaux).

L’égalité d’accès aux soins sur tout le territoire remise en cause
Des zones entières du pays seront dépourvues d’établissements publics de santé. De la même manière l’accès à un médecin généraliste ou à un spécialiste peut devenir parfois le parcours du combattant, surtout si on a pas les moyens de payer les dépassements d’honoraires. La carte bleue doit remplacer trop souvent la carte Vitale !

Les nouvelles franchises médicales : un obstacle de plus.
Malgré l’opposition majoritaire de la population, elles viennent de s’appliquer. Elles se rajoutent à toutes les mesures précédentes : déremboursement de certains médicaments, augmentation du ticket modérateur, forfait sur les consultations et les actes médicaux, forfait hospitalier (17 euros par journée d’hospitalisation).

La Sécurité sociale ne doit pas financer les fonds d’investissements privés.
Les principales cliniques commerciales ont fait leur entrée en bourse et sont aujourd’hui détenues par des fonds spéculatifs. Leur taux de rentabilité dépasse les 15% l’ an selon une étude du ministère de la santé. Face aux deux tiers des hôpitaux publics en déficit, cherchez l’erreur ?
Ces établissements sélectionnent les malades et les activités. Une grande partie des honoraires médicaux est aussi payée directement par les patients. Contrairement aux déclarations gouvernementales, la "concurence" est largement faussée avec les hôpitaux publics qui reçoivent 24H/24 tous les patients sans ségrégation d’âge ou de condition sociale.

Les personnels des hôpitaux sont aussi laissés pour compte
Depuis le mouvement historique des personnels de santé de 1988, les professions hospitalières n’ont pas été véritablement revalorisées.

Aujourd’hui une infirmière (Bac +3) débute à moins de 1500 Euros nets, une aide-soignante à moins de 1150 Euros.

L’annonce d’une seule augmentation de 0,50% de la valeur du point d’indice au 1er mars est misérable. Nous ne faisons pas l’aumône, nous voulons de véritables revalorisations générales et refusons l’individualisation des salaires.

La mise en place des pôles d’activité, la déréglementation des horaires détériorent les conditions de travail.
Les 23 millions d’heures supplémentaires accumulées depuis 3 ans par les personnes des hôpitaux (chiffre officiel) en sont la preuve.
Ces heures imposées, pour la plupart, au dernier moment, dégradent et désorganisent les conditions de la vie personnelle.

Le manque d’effectifs devient insupportable. Aucune solution n’a été apportée par le dernier protocole dont se félicite pourtant notre ministre. Quant à la RTT, elle doit être appliquée partout avec les effectifs correspondants.

Les "Etats généraux" n’abordent aucune de ces questions pourtant fondamentales pour l’avenir de notre système de santé.

SUD propose au débat :

Pour un plan de reconquête du service public hospitalier sur l’ensemble du territoire :
- Appliquer un gel immédiat des restructurations afin d’établir un état des lieux sur la situation de l’hôpital public et de l’accès aux soins dans chaque région et département.
- Conforter la Sécurité sociale comme régime obligatoire et solidaire et renforcer son financement
- Réaffirmer que la santé n’est pas une marchandise et en tirer toutes les conséquences.
- Les établissements sanitaires commerciaux qui n’ont plus lieu d’exister et doivent être intégrés au service public de santé, ou déconventionnés, y compris les établissements pour personnes âgées qui sont devenus le " nouvel eldorado " des fonds d’investissements spéculatifs.
- Démocratiser la gestion des établissements de santé avec un pouvoir accru pour les élus locaux, les représentants des usagers et des personnels
- Créer de véritables réseaux gradués d’établissements publics de santé se complétant sur un territoire. du dispensaire ou maison de santé au Centre Hospitalier Régional ;
- Augmenter les formations des professionnels médicaux et paramédicaux.
- Garantir les horaires des personnels (et la RTT) avec les moyens en personnels.
- Supprimer la rémunération à l’acte et s’engager sur une revalorisation des carrières de tous les personnels.
- Evaluer la qualité des soins et prestations par un organisme réellement indépendant des décideurs et financeurs dans lequel les associations d’usagers auraient un droit de regard.


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