Revaloriser les salaires : une question de bon sens

Dans les conventions collectives de l’UNIFED (Croix-Rouge, Centres de Lutte Contre le Cancer, CCNT octobre 1951, CCNT mars 1966), les employeurs se sont contentés, pour toute négociation salariale, de reproduire les 0,5% attribués à la Fonction Publique. Pour le Gouvernement, c’est encore trop, il n’a pas agréé les accords.

Les négociations salariales dans les conventions collectives de l’Unifed sont dans l’impasse ! Pour la CCNT de mars 1966, un accord salarial signé à + 0,5% a été refusé à l’agrément du Ministère. Pour les conventions collectives d’octobre 1951 et des centres de lutte contre le cancer, les employeurs voulaient imposer un accord à + 0,5%, auquel les organisations syndicales ont opposé une fin de non recevoir. La situation est donc un double blocage : celui du Gouvernement qui, après avoir décidé unilatéralement pour la Fonction Publique, que 0,5% était suffisant pour solde de tout compte pour 2003 et 2004, et refuse cette aumône aux salariés du privé ; celui des employeurs de l’Unifed qui refusent de prendre leurs responsabilités en devançant les diktats du Gouvernement.

Perte du pouvoir d’achat

La perte du pouvoir d’achat s’est fortement accentuée ces 5 dernières années. D’une part, il y a eu le blocage des salaires en 1999, institué par les accords conventionnels liés à la réduction du temps de travail (avec pour une convention collective la "suspension" du supplément familial). D’autre part le passage du franc à l’euro s’est soldé par une augmentation généralisée du coà»t de la consommation. Ces 2 facteurs ont fortement diminué le pouvoir d’achat des salariés, alors qu’au même moment, les ministres se sont octroyés une augmentation de leur émolument de manière considérable, les grands patrons ont vu leur revenu connaître une progression de 50 à 150 %. Les écarts s’accentuent sur fond de crise économique.

Selon l’INSEE, l’indice du coà»t de la vie (hors tabac) a augmenté de 7 % depuis mars 2000, soit en moyenne 1,75 % par an. Les salaires n’ont pas suivi cette progression. Par ailleurs, les impôts locaux plomberont les budgets familiaux, la deuxième décentralisation qui continue les transfères de compétences de l’Etat vers les collectivités territoriales (communes, départements, régions), sera sans les moyens financiers adaptés.

Des salaires pour la Sécu

Au moment où l’on parle du fameux déficit de la Sécurité Sociale, un des moyens d’augmenter ses recettes, c’est bien évidemment d’augmenter les salaires. La partie du salaire socialisé (les cotisations sociales) connaîtrait alors, elle aussi une augmentation proportionnelle. Ces cotisations financent l’ensemble de la Protection Sociale, dont les retraites et l’assurance maladie. Si les salaires augmentaient de 1%, le financement de la Protection Sociale gagnerait 3 milliards d’euros. Ce qui serait tout de même plus juste, que le fameux euro à payer en sus, lors d’une consultation médicale (gain évalué à 500 000 euros ! ). Par ailleurs, la Sécurité Sociale finance le secteur sanitaire et 50% du secteur social. L’enjeu des salaires rejoint la bataille pour l’assurance maladie par le biais de la défense de ces secteurs. C’est donc bien sur un choix politique que les salariés doivent se déterminer, c’est donc bien envers le Gouvernement qu’il faut se tourner pour faire avancer ces revendications salariales.


La Fédération Sud Santé-Sociaux appelle les salariés à s’organiser au niveau de l’ensemble de la branche professionnelle Unifed, afin de faire de la question des salaires, une revendication centrale. Par ailleurs, Sud Santé-Sociaux dans un cadre unitaire, proposera aux autres organisations syndicales du secteur de mener la bataille des salaires dès cet automne.

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