Réforme de la Sécu : ce sont les assurés qui vont encore trinquer !

Le Ministre de la Santé, dans le cadre de son show télévisé d’hier soir, a donc annoncé les grandes lignes de sa réforme pour l’Assurance Maladie. Pas de grandes surprises pour
ceux qui avaient déjà lu son discours fait devant la mission parlementaire le 4 mai dernier.
La communication fut très soignée, souvent à la limite du "pathétique" et digne d’un grand
anesthésiste-réanimateur en quête de clients !
Après un matraquage habituel sur le fameux "trou", le Ministre a pris comme nouvel
angle d’attaque , le principe d’égalité/responsabilité.

Un premier constat s’impose cependant sur cette égalité tant plébiscitée. Les entreprises, qui ont pour l’année 2003, bénéficié de plus de 20 milliards d’exonérations,
seront épargnées de toute contribution supplémentaire hormis la contribution sociale symbolique qui passerait de 0.13 à 0.16% ! Quant à la CSG, dont 88 % des recettes
proviennent des salaires, son taux sera augmenté de 0.4% pour les retraités. L’égalité en question se limite donc aux seuls salariés actifs et retraités qui vont devoir remettre la main au porte-monnaie.

Après les déremboursements de médicaments, l’augmentation du forfait hospitalier, la fin de la prise en charge à 100% de soins post et pré-opératoires, générant une augmentation considérable des tarifs de mutuelles et des assurances, le Gouvernement compte instaurer une franchise d’un euro pour chaque consultation ou acte médical.
Mesure dite symbolique mais on connaît la chanson. En 1983, au moment de la mise
en application du forfait hospitalier les arguments étaient les mêmes. Et, près de 20 ans
après, le forfait ne s’est jamais aussi bien porté (plus de 13 euros à ce jour) avec pour
conséquence la limitation accrue à l’accès aux soins.

Après les patrons, dans la famille des intouchables, on compte les médecins libéraux
et leur paiement à l’acte. En effet, pas question pour le Ministre de toucher à ce mode de
rémunération que l’on sait pourtant particulièrement inflationniste pour les dépenses de
santé. Et pour les spécialistes, une augmentation de leurs honoraires est envisagée, histoire
de dissuader les "assurés irresponsables" de prendre des rendez-vous sans contrôle
préalable.

Le bilan des mesures préconisées va seulement dans un sens : celui d’une limitation
importante des dépenses remboursées. Mais une énigme est à résoudre. Le Gouvernement,
dont la volonté affichée est de réaliser plus 15 milliards d’économie, n’a pas encore dévoilé
toutes ses cartes car le compte n’y est toujours pas. Aussi, l’absence de commentaires
précis sur le devenir de l’hôpital public a toutes les raisons de nous inquiéter. Les vraies
économies passeront sans nul doute par ce nouveau "mammouth à dégraisser" mais après
l’été qui s’annonce encore caniculaire.

Pour la Fédération Sud Santé Sociaux le projet gouvernemental est une régression
sans précédent, ni négociable, ni amendable. C’est pourquoi elle appelle l’ensemble des
salariés du secteur sanitaire et social à participer massivement aux manifestations du
samedi 5 juin. D’ores et déjà elle pose le débat sur une grande manifestation nationale (type
école publique) avant l’été.


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