Protocole d’accord FPH : un mauvais remède au grave malaise des hospitaliers !

Après près de 8 mois de discussions, la Fédération Sud santé-sociaux juge totalement indigent le projet de protocole concernant plus de 800 000 personnels des hôpitaux et établissements médico-sociaux de la fonction publique hospitalière, et en conséquence ne le signera pas.

D’autres réponses doivent être apportées pour le secteur sanitaire et médico-social public !

Emploi :

aucune mesure n’est actée alors que les plans d’économies dans la plupartdes établissements suppriment des milliers d’emplois. Concernant la précarité, plus de 15% des emplois permanents sont occupés par des contractuels, en augmentation
constante y compris parmi les personnels soignants. Ce protocole ne contient aucun dispositif pour résorber durablement l’emploi précaire, ni même pour en freiner
le développement. L’effort en formation, pour remplacer les départs massifs en retraite, est totalement sous-estimé.

Conditions de travail :

la relance des contrats locaux d’amélioration des conditions
de travail ne peut faire illusion alors que les nouvelles organisations de travail imposent les mobilités et les changements d’horaires de plus en plus fréquents facteurs de stress au travail et de perturbation de la vie familiale. La volonté du ministère de déplafonner les heures supplémentaires sans surenchérissement de leur montant va entraîner une augmentation de la durée du travail pour beaucoup de soignants et dégrader davantage leurs conditions de travail. La RTT si dénigrée, loin d’être un handicap, est au contraire un facteur d’amélioration des conditions de travail des personnels de santé, et de fidélisation.

Salaires et carrières :

les mesurettes concernant les salaires sont bien loin de
répondre aux revendications exprimées par les personnels ces dernières années. Alors que le ministère démarre une campagne de communication pour attirer les jeunes vers les métiers de la santé, aucune mesure significative n’a été proposée pour rendre plus attractifs les salaires d’embauche et les déroulements de carrière (notamment pour les infirmières dont les indices de début n’ont pas été relevés
depuis des années). Les aides soignants sont reclassés à une échelle supérieure (+9 â,¬ en début de carrière !), cette mesure s’étalera sur deux ans et n’est pas en rapport avec l’évolution du contenu professionnel de cette profession.

Les barrages maintenus pour les déroulements de carrière de la plupart des professions freinent d’autant les améliorations salariales.

Enfin l’annonce de l’évolution de l’objectif national des dépenses hospitalières pour 2007 (+3,5% en moyenne) contredit les déclarations de M. Xavier Bertrand sur l’effort
financier effectué pour réaliser ce protocole, puisque selon les responsables hospitaliers publics (la FHF), il manquera plus de 635 millions d’euros pour financer l’exercice.

Ni ambitieux, ni moderne, ce protocole n’est qu’un cache misère de l’absence de réponse sociale aux personnels des hôpitaux et des établissements médicosociaux !

Il rentre dans la droite ligne du plan "Hôpital 2007" de privatisation rampante de l’hôpital public !