Pourquoi faut-il aller à Montpellier ?

Parce que la psychiatrie doit avoir les moyens de ses missions

La rénovation de la psychiatrie passe par la mise en place réelle du secteur. Prévention, hospitalisation, soins de suite font partie d’une seule et même politique de soins.
La rénovation de la psychiatrie ne passe pas par des restrictions, des redéploiements et le morcellement des prises en charge qui aboutissent à un retour de l’hospitalocentrisme.

Chaque citoyen, souffrant de troubles mentaux à un moment donné doit pouvoir bénéficier de la prise en charge la mieux adaptée à son état à tous moments de son évolution.

Nous devons dénoncer la destruction de la psychiatrie

Au-delà de tous les arguments qui, de missions en rapports successifs, imposent inéluctablement une restructuration - qui s’apparente le plus souvent à une déstructuration -, il y a une véritable atteinte des pratiques et théories qui se sont élaborées depuis près d’un demi siècle. Le plus souvent avec l’appui de la psychanalyse, nous nous sommes attachés à déchiffrer le symptôme sur ses deux faces : sa face signifiante et sa face de satisfaction douloureuses ignorées du sujet. Mais, ce travail, inachevé encore aujourd’hui, s’est fait dans le contexte d’une adresse à l’autre, d’une prise de l’autre dans le symptôme que le travail institutionnel était dès lors apte à supporter.
Une psychiatrie citoyenne ne peut pas être qu’une psychiatrie ambulatoire.

Tout cela doit disparaître ? Nous devons y faire obstacle !

Nous devons dénoncer une évolution qui vise à réduire les sujets à leurs comportements, leurs conduites à rectifier, à des dysfonctionnement neuroniques, génétiques etcâ ?¦

Sans idéaliser ce qui s’est construit dans les différents secteurs de psychiatrie adulte et les intersecteurs de pédo-psychiatrie, nous proposons de défendre le service public de psychiatrie de secteur avec ses moyens matériels et humains.
Non seulement nous devons pouvoir maintenir les structures qui répondent aux besoins de la population, mais nous devons pouvoir les développer en intra comme en extrahospitaliers. La psychiatrie doit retrouver les moyens d’innover.
Supprimer encore et encore des lits, comprimer, regrouper les structures extra-hospitalières, faire passer des catégories arbitrairement et scandaleusement dénommées " inadéquats ", " dépendants institutionnels ", " chroniques " dans des structures médico-sociales n’est que la mise en place d’une politique de rejet de la folie.
Maintenir, développer nécessite des moyens permettant des créations. Nous devons nous opposer aux redéploiements aussi bien dans le secteur sanitaire que du secteur sanitaire vers le secteur social et médico-social. Ces deux secteurs pour travailler en complémentarité doivent avoir leurs propres moyens matériels et humains.
Nous devons en plus exiger des formations spécifiques pour les personnels. La disparition des infirmiers spécialisés en psychiatrie comme celle des psychiatres n’est pas inéluctable, d’autant qu’elle a été programmée depuis longtemps pour porter atteinte à une psychiatrie, qui dans certains lieux, a su non seulement s’ouvrir à la causalité psychique des symptômes, mais a su aussi critiquer son fonctionnement institutionnel et de fait critiquer les rapports sociaux en général.
Ceci n’appartient pas au passé !
C’est une nécessité à poursuivre aujourd’hui. L’exercice même de la pratique des soins en psychiatrie comporte quelques conséquences sociales ! N’en déplaise à nos technocrates et missionnaires !

Pour affirmer le lien entre défense du tissu intra et extra-hospitalier, défense d’une politique qui ne saurait se réduire aux médicaments ou à l’orthopédie des comportements et des conduites, et défense de formations permettant ces pratiques.

Nous devons nous réapproprier le destin de la psychiatrie qui a été trop longtemps abandonné à des fossoyeurs qui pour des raisons économiques ne cherchent qu’à détruire des lieux et des pratiques qui n’ont cessé d’interroger l’humain et la société dans ses fondements mêmes.

Ils ne veulent pas de cela ? Nous le revendiquons ! Venons le dire, voire le crier à Montpellier !

SUD 37 et 94