Pour la défense de l’hôpital : une action nationale s’impose !

Face à une une volonté délibérée de destruction massive de l’hospitalisation publique déclinée dans le rapport Larcher, des actions de résistance de plus en plus fortes s’organisent dans différentes localités et régions.

En moins de 6 mois une vingtaine d’hôpitaux et de maternités ont été fermés sur décision des directeurs des agences régionales d’hospitalisation. Des dizaines d’autres sont menacés à très court terme.
Le passage à la tarification à l’activité à 100% depuis le 1er janvier 2008 accélère des déficits. Trois quart des établissements publics de santé se voient imposés des plans d’économie.

Des plans d’austérité drastiques sont imposés : suppression de milliers d’emplois :
- fusions et démantellement de services,
- privatisation des services logistiques et techniques,
- remise en cause des acquis locaux et des accords RTT,
- changements de plannings inopinés, rappels abusifs à domicile,
- précarisation des emplois par des embauches de contractuels en lieu et place de titulaires,
- usure professionnelle par intensification du travail et pression hiérarchique au nom de la compétitivité entre services.

Le statut des personnels remis en cause

Grâce à la loi sur la mobilité, il sera possible de licencier les fonctionnaires. En cas de suppression de service, les directions pourront mettre les fonctionnaires en position de mise en disponibilité d’office ou les licencier en cas de refus des trois propositions de mutation (ou reclassement) qui leur seront faites.
Sarkozy, dans son discours de septembre 2007, avait déjà dit qu’il fallait donner la possibilité aux fonctionnaires de sortir de la fonction publique avec un péculeâ ?¦ Il n’avait pas dit " volontairement ". Bingo : on pourra être licencié et avoir une prime de licenciementâ ?¦

Le rapport Larcher : ou le mode d’emploi pour acccélérer la privatisation

Il prône ni plus, ni moins la suppression de la Fonction Publique Hospitalièreâ ?¦ Il décline aussi une organisation hospitalière supprimant tout contrôle collectif, toute notion de service public, toute protection des salariés hospitaliersâ ?¦

La tarification à l’activité, l’arme fatale !

Avec le passage à la tarification à l’activité, le gouvernement les contraint au " choix " : la restructuration ou la faillite ! Le futur projet de loi "santé, patients et territoires" devrait prévoir la fusion de tous les établissements publics d’un même territoire (interdépartements, régions) ou leur intégration au sein de " groupement de coopération sanitaire " avec des établissements privés, non dans le but de mieux coordonner les soins, mais dans un objectif " d’efficience ", c’est à dire de rentabilité, au prix de suppressions de dizaines de milliers d’emplois.
De plus, les personnels fonctionnaires pourront se voir imposer une mission dans des structures privées (avec le statut qui va avec).

>>> Tous les établissements (publics et privés participant au service public hospitalier) sont et seront donc touchés, nécessitant d’organiser une riposte globale d’ampleur nationale.

Face à une attaque globale et sans précédent de notre système public de santé, organisons une riposte d’ensemble !

Suite à la publication du rapport LARCHER courant avril sur l’avenir de l’hôpital public prônant des regroupements d’établissements, pas une semaine se passe sans l’annonce de fermeture d’un hôpital ou d’une maternité.

Alors que 100 000 lits ont été supprimés depuis 1992 et que la France se retrouve à un niveau d’équipement inférieur à la moyenne des pays développés, le Président de la République déclare que seuls 300 établissements publics de santé devraient subsister sur un total actuel de plus de 1000, c’est une vraie déclaration de guerre contre notre système de santé public et un vrai recul de civilisation.

La population et les personnels de la région Bretagne sont en première ligne. L’attitude des pouvoirs publics est à cet égard très révélatrice de leur détermination : refus de recevoir les élus, et envoi des gardes mobiles contre les manifestations des personnels et des usagers.
C’est l’ensemble des départements de ce pays qui vont subir cette politique.

Les établissements publics de santé ainsi que les établissements privés non lucratifs sont pour la plupart en déficit en raison des nouvelles règles budgétaires (tarification à l’activité) qui favorisent les actes techniques au détriment de la prise en charges globale de tous les patients et poussent à leur concentration. Ces déficits cumulés atteignent le milliard d’euros.

Pour les personnels, les conséquences sont multiples : suppressions massives d’emplois, déplacements et mutations d’office, non renouvellement des contractuels, non respect des plannings horaires, blocage des salaires â ?¦
C’est une dégradation généralisée des conditions de travail et des soins.

C’est pourquoi la Fédération SUD santé-sociaux a écrit à toutes les fédérations et associations de défense des hôpitaux afin d’organiser une réaction commune. Nous ne pouvons nous résigner à laisser se créer des déserts sanitaires, rendant de plus en plus difficile l’accès aux soins à une grande partie de la population. Se cumulent à ces difficultés, les attaques contre la Sécurité sociale : création des franchises médicales, augmentation des différents forfaits, nouveaux déremboursements de médicaments et dépassements d’honoraires. L’écrasante majorité de la population rejette ces mesures.

· Pour le droit à l’accès aux soins pour tous :
-  Arrêt immédiat des restructurations et fermetures d’établissements de santé
-  Exigence d’un équipement public de santé réparti égalitairement sur tout le territoire permettant l’accès aux soins à tous les citoyens,
-  La Sécu ne doit plus financer les établissements commerciaux aux mains de fonds d’investissements spéculatifs,
-  Recruter et former des professionnels de santé pour répondre aux besoins,
-  Suppression des franchises et autres forfaits à la charge des patients.

Il y a urgence à agir ensemble !
Face à cette situation gravissime, nous devons faire converger les actions menées dans les localités, les départements et les régions. Les initiatives qui se développent dans tout le pays doivent trouver un relais national dès la rentrée avant le débat parlementaire sur le projet de loi de modernisation de la santé publique et le financement de la Sécurité sociale. La Fédération SUD santé-sociaux mettra toute son énergie pour réaliser l’unité indispensable pour faire échec à ces mesures.


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