PLFSS 2013 le compte n’y est pas !

Le conseil des ministres qui a étudié hier le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale ne l’a pas modifié. La politique de communication est bien huilée. Elle reprend des grands principes de solidarité, de défense d’une protection sociale solidaire, de l’hôpital public et annonce quelques mesures emblématiques, pour exemple : l’arrêt de la convergence tarifaire, le remboursement à 100% de l’IVG, la lutte contre les déserts médicaux, la fin de quelques exonérations.

Mais pour la Fédération SUD Santé Sociaux, la réalité sur le terrain va être toute autre ;

  • Le remboursement à 100% de l’IVG n’est pas suffisant pour assurer l’effectivité de ce droit puisque les maternités et les centre IVG sont particulièrement menacés de fermeture.
  • Les 2.7% d’augmentation ne permettent pas de couvrir l’évolution mécanique des dépenses.
  • Il n’y a toujours pas de réforme de la tarification à l’acte pour la médecine de ville.
  • Les efforts vont surtout porter sur l’hôpital public et le privé non lucratif, 657 millions d’économie en particulier sur le renforcement de l’efficience interne. Ce concept est intéressant mais il faudra le mettre en oeuvre avec moins de personnels qualifiés dans le cadre du non remplacement total des départs en retraite des fonctionnaires. Mais pas d’inquiétude ils seront remplacés par 4 000 emplois d’avenir !
  • L’efficience, quand les conditions de travail vont continuer à se dégrader, que les repos ne sont pas respectés et que nombre de salariés ont des comptes épargne temps qui explosent alors que ce sont des heures supplémentaires qui devraient être rémunérées comme telles.
  • De plus en plus d’hôpitaux publics ou privés non lucratif sont en cessation de paiement, ne peuvent plus assurer les salaires, les 2.7% ne sont pas suffisants et donc ils vont subir le diktat des ARS, les plans de redressement, les restructurations.

La Fédération SUD Santé Sociaux dénonce le manque de courage politique de ce gouvernement qui ne rompt pas avec la logique libérale européenne, qui ratifie sans réserve le pacte de stabilité financière avec toutes les conséquences que cela implique en termes de politique d’austérité pour la population et de casse des services publics. Le gouvernement ne remet pas en cause la loi HPST, a refusé le moratoire sur les fermetures de lits, de structures mais il communique !

Il organise des débats sur " le pacte de confiance pour l’hôpital public " alors que le cadre budgétaire est déjà donné et insuffisant. Alors que la casse du service public de santé avance. Qu’attend-il des syndicats ? Un aval sur sa politique ou juste un accompagnement dans l’organisation de l’austérité ?

Pour la Fédération SUD Santé Sociaux c’est non, et elle continuera tant au niveau local que global, d’exiger une politique de santé permettant l’accès aux soins pour toutes et tous partout !