Ne laissons pas mourir l’hôpital public !

Les retours des budgets 2006 dans les établissements de santé sont calamiteux : 70% des hôpitaux sont en déficit et devront effectuer des économies drastiques. Au même moment, le Conseil national de la chirurgie préconise la fermeture sans délai de 113 blocs opératoires pratiquant moins de 2000 opérations par an.

Depuis plusieurs années, de plans d’économies en plans de retour à l’équilibre financier, les établissements de santé sont à la limite de l’asphyxie budgétaire. Les responsables des hôpitaux publics de la Fédération hospitalière de France (qui sont pourtant plutôt favorables à la réforme en cours) chiffrent à plus d’un milliard d’euros le sous-financement pour 2006, ce qui équivaudrait à la suppression de 23000 emplois dans les seuls hôpitaux publics (et sans doute plusieurs milliers supplémentaires dans les hôpitaux privés non lucratifs FEHAP, Croix-rouge, CLCC, soumis à la même rigueur)

Il va encore falloir serrer la vis

Le ministère de la santé vient de s’adresser aux directeurs d’établissements pour fixer de nouveaux objectifs de recherches d’économies, notamment en réduisant les mensualités de remplacement, les crédits d’intérim ou d’heures supplémentaires et en ne renouvelant pas certains contrats de travail.
Déjà, nous constatons que la RTT est de moins en moins respectée, les agents étant obligés d’engranger des heures sur les comptes épargne temps, même si ils ne le souhaitent pas.
Les plannings prévisionnels sont de moins en moins respectés, avec même parfois des rappels à domicile abusifs et hors la loi.
Pour cet été, les congés annuels sont souvent réduits en-deçà du nombre réglementaire.
Pire, dans certains établissements les avancements d’échelons sont retardés faute de budget suffisant.
Des emplois statutaires sont remplacés par des contrats aidés (contrats d’avenir ?, contrats de retour à l’emploi ?) toujours plus précaires et sous-payés !

Restructurations : ça va s’accélérer !

Le regroupement des services en pôles, avec à la clé une polyvalence accrue des personnels et une dégradation des conditions de travail va aussi avoir des conséquences sur l’offre de soins.
La préconisation de la fermeture "sans délai" de 113 blocs opératoires publics (aucun privé) qui n’effectueraient pas suffisamment d’opérations rentre totalement dans la logique de privatisation progressive de l’hôpital public et va créer des déserts sanitaires dans de nombreux départements. Dans beaucoup d’établissements, ce sont les services généraux qui sont externalisés et privatisés.
C’est l’avenir même des hôpitaux publics qui est en jeu.

L’alignement des tarifs des hôpitaux publics sur ceux des cliniques commerciales est insensé.

Ces établissements, il faut toujours le rappeler, sélectionnent leurs patients, n’acccueillent pas toutes les urgences, ne traitent pas les pathologies les plus lourdes, ne participent pas à l’enseignement et à la recherche. Ils emploient souvent des personnels sous-qualifiés et sous-payés (comme dans les blocs opératoires). Ils laissent aussi à la charge des patients d’importants suppléments d’honoraires et de prestations.

Quels moyens pour l’hôpital public ?

Une négociation nationale a débuté au ministère de la santé sur les conditions de travail, l’emploi, la formation, les mesures de revalorisations statutaires. Après deux mois de discussions, toujours rien de concret, et pour cause, car aucun moyen n’a été alloué. Bien au contraire, les budgets baissent et le ministre semble privlilégier les groupes privés de santé cotés en bourse (dont les bénéfices explosent).


Il est urgent de se rassembler pour défendre nos statuts, nos emplois, l’hôpital public !
La moblisation unitaire et résolue, ça marche comme l’a démontré l’action contre le CPE.
Dans chaque service, dans chaque établissement, nous pouvons dans un premier temps et immédiatement résister à toutes ces atttaques.
Nous portons dès maintenant au débat la nécessité d’une action nationale pour construire une mobilisation plus large et exiger des moyens pour répondre aux besoins des patients et des personnels.