Le travail social impossible...

A Lille, un éducateur de l’ADNSEA (Association de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence), délégué syndical Sud, a été placé en garde à vue au motif "d’une aide au séjour
irrégulier d’un étranger".

Cet éducateur, Olivier PIRA, avait rencontré le jeune concerné dans l’exercice de ses activités professionnelles (accueil et conseil de mineurs et jeunes majeurs en difficulté). Comme l’ensemble des travailleurs sociaux, au contact d’étrangers et conformément à leurs
règles professionnelles, il a envisagé un accompagnement sans préjuger de la situation.
C’est cela que la loi sur la prévention de la délinquance veut interdire. L’aide aux
populations étrangères, en situation régulière ou non, leur assistance sociale ou sanitaire,
devient impossible.

Cette garde à vue, exercée par la police de l’air et des frontières, illustre un pas en
avant dans la négation des libertés et constitue un abus de pouvoir. Elle intervient alors
qu’une mobilisation importante et sans précédent s’organise contre le projet de loi de
prévention de la délinquance.

La Fédération Nationale Sud Santé Sociaux proteste contre cette répression, demande
aux employeurs du secteur de protéger l’exercice des missions de leurs salariés, basé sur
la relation de confiance entre usagers et travailleur social.
L’ensemble des travailleurs sociaux, leurs organisations syndicales, les collectifs du
travail social, les organisations démocratiques doivent réagir contre l’arbitraire, contre le
renforcement de l’exclusion.Les travailleurs du social et de la santé doivent exercer leurs
missions en sécurité. Ils refuseront de fournir des informations sur les personnes aux
services de police.

La Fédération Sud Santé-Sociaux affirme sa solidarité à Olivier PIRA et à tous les travailleurs sociaux
poursuivis pour avoir assuré leur mission.