Le service public hospitalier en danger !

Trois quart des établissements de santé cumulent plus d’ un milliard d’euros de déficits programmés par le gouvernement : restructurations à la hache, privatisations, 30000 emplois sont directement menacés !

Pas un établissement qui ne soit soumis à un plan d’économie ;
- réduction des mensualités des remplacement,
- non paiement des heures supplémentaires,
- temps épargné imposé,
- non remplacement des départs,
- généralisation de contrats précaires en lieu et place de titulaires.
On pourrait allonger la liste de beaucoup d’autres exemples.

Ces économies s’effectuent principalement sur le dos des personnels dont les conditions s’aggravent de jour en jour : plannings non respectés, rappels à domicile sur des jours de congés (en toute ilégalité), changements de postes de travail inopinés, ce qui d’ailleurs anticipe sur les futures organisations en pôles. Les suppression de postes programmées aggraveront davantage ces situations.

Mais aussi au détriment des patients !
Dans certaines localités, ils ne pourront plus se faire soigner dans un établissement public de santé, sans parler des listes d’attente qui s’allongent dans certaines disciplines (orthopédie, urologie, ...). Ils devront mettre la main à la poche : augmentation des tickets modérateurs, suppléments hoteliers divers ...

L’offre de soins publics réduite !

Après les fermetures de maternités, l’annonce de la possible fermeture de 113 services de chirurgie publique effectuant moins de 2000 interventions par an est un pas de plus dans réduction de l’offre de soins. Rien n’accrédite le fait que ces services soient dangereux, si ça avait été le cas, ils auraient été fermés de longue date. Ces services pratiquent des interventions chirurgicales courantes ne nécessitant pas de plateaux techniques importants. Demain, les patients devront faire 60 ou 80 kilomètres pour accéder à des blocs opératoires où les interventions se pratiqueront à la chaîne 24h/24 et sans doute avec quelques semaines d’attente.
Il est d’aillleurs étonnant que seuls les services de chirurgie publique effectuant insuffisamment d’ interventions soient jugés potentiellement dangereux alors qu’une soixantaine d’établissements privés commerciaux sont dans les mêmes configurations.
Les hôpitaux psychiatriques, malgré les annonces gouvernementales, ne sont pas mieux lotis et de nombreuses structures extra-hospitalières ferment faute de moyens.

Plusieurs dizaines d’établissements sont menacés !
Déjà des restructurations drastiques sont en préparation avec intégration du privé commercial à l’intérieur de l’hôpital public, en Haute-Marne où à Fécamp en Seine-maritime par exemple.

Si les plans d’économie exigés ne sont pas réalisés, les établissements concernés seront placés sous tutelle administrative et financière des Agences régionales d’hospitalisation.
Leur directeur auront tout pouvoir pour restructurer, voire regrouper les établissements récalcitrants et imposer la fermeture des structures déficitaires.

Priorité doit être donnée au service public !*

* le service public hospitalier comprend les hôpitaux publics et les hôpitaux privés participant au service public hospitalier (à but non lucratif : Fhehap, CLCC ...)

Alors que les dépenses des cliniques privées sont en forte augmentation car elles bénéficient de la tarification à l’activité (sélection des patients et des pathologies, non prise en charge des urgences 24h/24 ...) sans les obligations du service public, les hôpitaux publics voient leurs dépenses contingentées !

Pour Sud, il faut une autre logique de financement des établissements publics de santé avec une meilleure prise en compte de besoins sanitaires de la population locale desservie.

Comme pour la défense des autres services publics, Sud recherchera l’unité d’action avec l’ensemble des organisations syndicales, mais aussi les associations d’usagers, la Fédération nationale de défense des hôpitaux de proximité.

Sud met en débat la proposition d’une action nationale à la rentrée pour exiger des moyens pour la santé publique (grève, manifestation) et l’arrêt de la marchandisation de la santé !

Déficits historiques et suppressions d’emplois massives : quelques exemples

- Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille
Plan d’économie imposant la suppression de
550 emplois

- CHU de Limoges : déficit annoncé 15,6 millions
soit 4,4% du total des charges

- CHU de Toulouse : 300 emplois dont des postes médicaux
plan d’économie de 7 millions ramenant le déficit à 15,3 millions

- Hospices Civils de Lyon (69) : 25 millions d’euros et suppression de 400 postes en 2 ans.

- CHU de Montpellier (34) : suppression de 300 postes.
- Groupe hospitalier Saint-Joseph à Paris(privé non lucratif FEHAP)
malgré la fusion de 3 établissements déficit de 25 millions d’euros correspondant à 15% du budget.

- Institut Gustave Roussy centre de lutte contre le cancer - Villejuif (94)
déficit de 10 millions et l’externalisation de 300 personnels logistiques.

- CHU de Lille (59) : déficit annoncé de 3,9 millions

- CH Le Havre (76) déficit : 6 millions

- CHU de Grenoble (38) déficit : 6,4 millions
45 postes de supprimés en 2006

- CHU de Tours (37) : déficit de 12 millions
plan d’économie imposé de 5 millions d’euros.

La psychiatrie publique est aussi en sous-financement malgré les promesses gouvernementales ;

- Sainte Anne - Paris 14ème (75) : 4,5 millions d’euros
- Ville Evrard - Neuilly sur Marne (93) : 2 millions
- Esquirol - Saint-Maurice (94) : 1,8 million
- Barthélémy Durand - Etampes (91) :plan d’économie de 1,3 millions


Dans l’Aveyron, la fusion explose !

Deux ans après avoir fusionné sous l’injonction de l’Agence régionale d’hospitalisation, les hôpitaux de Millau et de Sainte Affrique, les deux établisements de séparent avec un déficit de 4,6 millions d’euros. faute de projet médical commun.

Ces établissements publics se retrouvent affaiblis avec un risque immédiat de voir disparaître le seul service de chirurgie publique de ce bassin de vie. Les patients de Sainte-Affrique devront aller se faire opérer à Montpellier à 120 km de distance !