La prévention spécialisée n’est pas au service d’une politique sécuritaire

Vendredi 21 novembre, les éducateurs de la Sauvegarde de l’Enfance des Savoie se sont mis en grève pour dénoncer la signature d’un protocole d’accord entre l’association employeur, la Police Nationale, la Gendarmerie, la Direction de la Vie Sociale du Conseil Général de Savoie et la Préfecture. Ce protocole avançait l’idée d’une collaboration entre les services de la Prévention spécialisée et les services de police et de gendarmerie. C’est une remise en question de l’arrêté de 1972, dont les principes fondateurs sont : la libre adhésion des jeunes et de leur famille, l’anonymat, et l’intervention des éducateurs sans mandat judiciaire.

Les éducateurs réaffirment qu’ils doivent être les garants d’un espace de dialogue avec les jeunes, quelques soient leurs situations, et que ce dialogue ne peut exister que dans un cadre de confiance. Les éducateurs n’ont pas à juger ni légitimer les comportements des jeunes auteurs d’actes délictueux, mais à être disponibles pour participer à la reconstruction du lien social, favoriser l’accès aux droits fondamentaux (santé, travail, logement...) pour une autonomie des jeunes.

La Fédération Sud Santé-Sociaux s’inquiète de ces dérives, d’autant qu’un projet de loi pour "la prévention de la délinquance" risque de confirmer cette politique d’intégrer les dispositifs éducatifs dans les dispositifs sécuritaires. Ce projet, notamment dans son article 11, institue un devoir de signalement aux éducateurs, enseignants, assistants sociaux à destination des maires qui, selon le projet de loi, seront les pilotes dans la mise en oeuvre de la politique de prévention de la délinquance. Les notions de confidentialité, d’anonymat seront bafouées, voire même sanctionnables.

La Fédération Sud Santé-Sociaux appelle l’ensemble des acteurs sociaux agissant dans le cadre de la prévention spécialisée, mais aussi dans le système de l’éducation nationale et spécialisée à, d’ors et déjà réagir en signant la pétition ci-jointe. Une mobilisation nationale devrait par ailleurs prendre forme au mois de janvier 2004.



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