IFSI : décentralisation des écoles, désengagement de l’Etat,

La Fédération SUD-Santé Sociaux a été reçue vendredi 5 septembre 2003 par le Professeur Thibault, conseiller du Ministère de la Santé, en présence de représentants de
la Direction Générale de la Santé (DGS) et de la Direction des hôpitaux (DHOS), pour une présentation des modalités de décentralisation vers les Régions des instituts de formation
des professionnels paramédicaux et de sages-femmes.

Un projet déjà ficelé, sans aucune concertation préalable, nous a été exposé pour une présentation au Conseil supérieur des professions paramédicales (CSPPM) le 10 septembre
et une application prévue pour la fin de l’année !
Après l’Education nationale, c’est à notre tour !
Sous le prétexte de ramener au plus près du terrain ces formations et de donner à la région davantage de responsabilités dans la formation des personnels de santé en adéquation avec les besoins de la Région, c’est un premier pas vers le désengagement de l’Etat dans le
secteur de la Santé.

Un déficit des budgets publics, une augmentation du budget des fonctions régaliennes de l’Etat (Intérieur, Défense), moins d’impôts sur les revenus, c’est dans la logique du
Gouvernement Raffarin de chercher à faire des économies et de réduire par conséquent les moyens pour les autres services publics, les écoles, la recherche, la culture et les hôpitaux.
Le Ministère s’engage aujourd’hui à garantir le maintien du statut de l’ensemble des personnels des écoles au sein de la FPH et à transférer aux Régions les enveloppes financières nécessaires pour assurer le fonctionnement, mais pour combien de temps ?

Déjà il est envisagé que les conseils régionaux pourront prendre part (avant très certainement de devoir prendre part) aux investissements nécessaires des écoles...
Déjà il est prévu que l’agrément des écoles et des directeurs soient délivrés par le Président du Conseil Régional et non plus par le Ministère, après l’avis du Conseil Supérieur où siègent des représentants des personnels...

Les disparités entre les Régions de moyens directement liés aux impôts locaux et de prise en compte des priorités par les élus, ne nous donnent aucune garantie sur les mesures
d’accompagnement suffisantes et équitables de nos formations professionnelles, toutes filières confondues.
Nous pouvons craindre à terme la disparition de celles qui entrent déjà en concurrence avec d’autres dispositifs de formation existants soit dans l’enseignement supérieur (BTS),
soit dans le privé.

Nous pouvons nous interroger sur l’intérêt pour une Région de former des étudiants qui n’y resteraient pas les professionnels de demain.

Par le biais de la décentralisation des écoles comme premier test, ce que l’on peut craindre surtout c’est qu’un processus plus général de désengagement et de fait de démantèlement soit enclenché, alors que plus que jamais notre système public de santé a besoin d’une forte solidarité nationale, avec des choix politiques clairement engagés, pour répondre efficacement aux besoins de la population.


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