Fermeture de 182 blocs opératoires ; un nouveau mauvais coup contre la santé publique !

Un arrêté gouvernemental est en préparation, qui prévoit la fermeture de 182 blocs opératoires, dont 110 publics, réalisant moins de 1500 interventions par an. Les prétextes invoqués sont la qualité des soins et la sécurité des patients.
Ce projet de fermeture s’inscrit dans la continuité du rapport Vallancien de 2006, en l’aggravant car ledit rapport ciblait " seulement " 113 services de chirurgie.
La chirurgie suit donc l’obstétrique : la logique qui inspire ce projet est la même que celle qui a sinistré la carte de France des maternités, qui se sont vues fixer depuis 1998 un seuil minimal de 300 accouchements par an.
Mais l’argument de la sécurité ne tient pas ! Les services de chirurgie qui n’effectuent pas les 1500 actes annuels sont souvent dans les établissements de proximité, et réalisent des opérations courantes ne nécessitant pas de gros moyens techniques.
Quand à la " qualité ", le projet d’arrêté en oublie un volet important : l’accès aux soins. Car les fermetures qui se profilent vont encore accentuer les distances entre les patients et les établissements de soins, et pénaliser les malades socialement défavorisés en reportant sur eux les coà»ts de transport.

L’accès égalitaire à une santé de proximité existe de moins en moins : la chirurgie est désormais assurée pour plus des deux tiers par le privé, avec la plupart du temps d’importants dépassements d’honoraires à la clé (80% des chirurgiens du privé sont en secteur 2).
En résumé, ce mauvais coup vise à pénaliser encore davantage le secteur public puisque les menaces de fermeture y sont plus importantes (25%) que pour les cliniques privées (9%).
On voudrait assurer un monopole au privé commercial en éliminant la concurrence de la chirurgie publique que l’on ne s’y prendrait pas autrement !
De plus, la fermeture de leur service de chirurgie constitue pour beaucoup de petits hôpitaux de proximité un véritable arrêt de mort à brève échéance.
Ce texte est aussi dans la droite ligne de la loi Hôpital, patients, santé et territoires qui accélère la privatisation de la santé.

Il y a nécessité d’organiser la riposte et créer un mouvement national pour la défense de l’hôpital public. Les mobilisations citoyennes à Valréas et à Dié ont permis de stopper les projets de fermetures. Ces victoires locales sont un formidable encouragement pour se mobiliser partout.

SUD recherchera avec les autres organisations syndicales, les associations, les collectifs, et en premier lieu le Collectif national de défense des hôpitaux et maternités de proximité, les convergences d’actions à développer pour le construire.