Etats Généraux de la psychiatrie : motion 3

Motion 3

Les moyens et les structures
Commentaires
Sud Santé-Sociaux
Le soin aux malades repose sur la relation thérapeutique dans le cadre de 3 dispositifs de soins :
Public et P.S.P.H.
Médico-social
Libéral (ambulatoire et hospitalier).

1 - Pour le public

Nous réaffirmons la nécessité du maintien d’une politique et d’un dispositif de secteur comme un espace de pensée et d’action pour le soin dans une dimension évolutive, basée sur des prises en charge inscrites dans la durée à tous les stades de la pathologie.

Pour assurer ces missions (la prévention, le soin, la réadaptation et la réinsertion) le secteur nécessite une équipe pluriprofessionnelle hautement qualifiée et en nombre suffisant.

Il faut restaurer les conditions d’hospitalisation en régulant le nombre de lits en fonction des besoins réels de la population concernée et développer de manière parallèle les structures extrahospitalières.

La place du secteur doit être réaffirmé dans le projet de simplification administrative et ne peut en aucun cas être légiféré par ordonnance.
L’accès au soin doit être garanti pour tous ainsi que la confidentialité.

Les associations de santé mentale doivent pouvoir pleinement tenir leur rôle dans la réadaptation des patients parallèlement au dispositif de soins.


2 - Pour le médico-social

Il convient avant tout de renforcer les moyens médicaux et d’agréer les avenants en suspens. Le manque de places adaptées en nombre suffisant doit être comblé et réalisé à proximité des familles, en résidentiel comme en ambulatoire. Elles ne sauraient en aucun cas être remplacées par des allocations données aux familles sans prise en charge réelle. La mise en place de nouvelles structures plus proches des besoins doit être encouragée sans réduction des moyens. On ne peut plus accepter les transferts de patients du secteur sanitaire vers le secteur médico-social sans accorder à ce dernier les moyens nécessaires.

Les associations doivent pouvoir continuer à apporter leurs capacités spécifiques, tant au niveau thérapeutique, réadaptatif que dans une dynamique d’insertion.


3 - Pour le libéral

Les moyens accordés à la psychiatrie privée ayant considérablement régressé ces trente dernières années, nous demandons

la restauration des conditions économiques originelles indispensables pour permettre à chaque psychiatre d’offrir les soins de qualité que chaque patient est en droit d’attendre et prenant en compte l’exigence de la confidentialité, le temps approprié à la consultation avec le patient et son entourage le cas échéant, en particulier quand il s’agit des enfants ;

le rétablissement d’un secteur unique d’exercice incluant les différentes modalités actuelles et garantissant le libre accès aux soins.

Ceci suppose la réouverture des négociations conformes aux exigences des professionnels.

Les cliniques privées doivent bénéficier d’un budget suffisant pour permettre la rémunération des infirmiers à égalité avec celles du public.

Une réflexion doit être ouverte pour déterminer les modalités d’une prise en charge adaptée des patients consultant les psychologues en libéral.

Les moyens humains


En ce qui concerne les psychiatres, il faut maintenir leur nombre au niveau actuel (13 000).

Pour cela, il convient d’augmenter dans l’urgence et de manière très significative le nombre de DES en psychiatrie, le nombre d’enseignants et celui des lieux de stages.
Le maintien du nombre des psychiatres à son niveau actuel doit s’accompagner de mesures incitatives visant à leur répartition harmonieuse sur tout le territoire national.
Cette remarque doit s’appliquer à l’ensemble des moyens en psychiatrie.

Les professionnels refusent une organisation administrative qui oppose les différentes catégories professionnelles dans le soin.

Pour répondre aux besoins actuels, le nombre d’infirmiers formés doit être augmenté de façon significative pour pallier la pénurie actuelle et assurer la continuité et la qualité des soins. Des postes de psychologues et de travailleurs sociaux titulaires doivent être créés.

Nous refusons que cette pénurie en personnel et les restrictions budgétaires soient un prétexte à leur déqualification.
Le PMSI

Le PMSI en psychiatrie s’avère un outil inadapté. Il doit être immédiatement arrêté dans le secteur public et les cliniques privées.

Le poids des psychiatres libéraux a conduit à cette motion globale qui présente des points pour le moins contradictoires :
- réaffirmer la politique et le dispositif de secteur avec des prises en charge inscrites dans la durée peut -être contradictoire avec le fait médico-social. Dire qu’on ne peut accepter les transferts du sanitaire vers le médico-social sans accorder à ce dernier les moyens nécessaires, reste flou. En effet, qui décide de ce transfert ? à partir de quels critères (DMS ?) ?, D’où viennent les moyens pour le médico-social ? à partir des moyens redéployés (donc supprimés) de la psychiatrie ?
Le transfert des patients vers le médico- social pose donc le sempiternel débat de l’articulation entre sanitaire et médico-social. Cette question devra continuer d’être débattue par l’ensemble des acteurs du système de soin.

- sur le libéral : cette motion fait passer la demande de réouverture de négociations conventionnelles pour une revalorisation des tarifs pratiqués par les libéraux â ?¦ au nom de l’intérêt des patients bien sur !
A aucun moment n’est abordé :
Pourquoi tant de psychiatres privés ? Serait-ce que le secteur public et PSPH n’a plus les moyens ??
Pourquoi doivent-ils réduire la durée des prises en charge ? Sinon parce qu’ils gagneraient moins en prenant le temps. Cela doit poser le problème du paiement à l’acte !

La contradiction entre accès aux soins pour tous et exercice privé demandant une hausse de leurs revenus (sans doute légitime ?) est évident. Que dire de la rémunération des infirmiers privés à mettre à égalité du public ? Pourquoi, les seuls infirmiers ? A Sud on peut être favorableâ ?¦ Mais pas un mot sur les crédits alloués aux cliniques privées pour les salaires et qui n’ont pas été redistribués aux salariés ! Pas un mot sur les regroupements de cliniques et leur cotation en bourse, ce qui va à l’encontre des augmentations de salaires puisque les actionnaires veulent de salariés coà»tant le moins cher possible pour dégager des profits plus grands !
De même, la répartition des psychiatres libéraux sur le territoire n’est posée qu’au regard de mesures incitatives et non pas au niveau de la liberté d’installation au regard des besoins de la population.


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