Etats Généraux de la psychiatrie : motions 1 et 2

Motion 1

La discipline psychiatrique

Motion 2

Les fondements théoriques.

La psychiatrie est une discipline médicale à part entière au même titre que les autres disciplines, médecine, chirurgie et obstétrique.

Elle a pour objet la pathologie mentale dont l’interaction complexe des registres en cause, biologique, psychologique et social, nécessite d’une part son articulation avec d’autres disciplines connexes, notamment les sciences humaines, et d’autre part exige la mise en oeuvre d’un dispositif spécifique.

Ce dispositif centré sur la rencontre intersubjective, sollicite et combine des interventions pluri-professionnelles. Au-delà du seul champ sanitaire, pour les actions de prévention comme pour les soins de suite et de réadaptation, il implique les domaines du social et du médico-social.

La psychiatrie n’est pas la santé mentale, comme la médecine n’est pas la santé.

L’humanisme d’une société se mesure à l’aune du respect qu’elle doit à ses individus souffrant de pathologie mentale comme aux conditions qu’elle réserve à ceux qui les soignent, à la qualité des lieux d’accueil qu’elle leur doit comme à la qualification des professionnels concernés.

Dans leur mission, ces derniers doivent connaître un espace d’indépendance professionnelle qui leur permette d’allier confidentialité et élaboration possible avec des tiers, cadre et disponibilité, art et rationalité.

S’il leur est indispensable de rendre compte de ce qu’ils font, une obsession de transparence est toutefois délétère sur leur action elle-même.

C’est à eux qu’il appartient de définir les soins en psychiatrie.
La psychiatrie intègre l’apport de différents domaines scientifiques (médical, biologique, psychologique, sociologique, etc.), indispensable pour appréhender la complexité de la pathologie mentale.

Pour autant, il n’y a de clinique que du sujet, ce qui suppose que la véritable nature de la pathologie ne peut se rencontrer qu’en cheminant le long des rives de la clinique relationnelle qui allie l’objectif à la dimension intersubjective.

Cela implique qu’il ne peut exister de pratique sans théorie, ni de théorie sans pratique. A ce titre, les apports de la psychanalyse demeurent essentiels pour rendre compte de la complexité de l’engagement dans les soins.

Il doit être rappelé que le DSM n’a pas vocation à théoriser la clinique psychiatrique. Son usage dans ce cadre constitue une dérive réductionniste inacceptable portant sévèrement atteinte à l’efficacité des soins.

De même, toute entreprise systématique de protocolarisation des soins constitue un déni de la singularité en prenant la maladie pour le malade.

Par ailleurs, les professionnels contestent vigoureusement les dérives sémantiques qui, en empruntant au lexique du consumérisme sous prétexte de déstigmatisation, viennent gommer l’existence même du fait psychopathologique.

Ils s’engagent à une réactualisation de la nosographie française.

Commentaires Sud Santé-Sociaux

Ces motions affirment une base commune sur ce que serait la discipline psychiatrique.
La psychiatrie serait une discipline médicale (au même titre que la médecine, chirurgie et obstétrique). Autrement dit les troubles psychiques seraient explicités par la médecine. Si cela reste sujet à débat â ?¦ cette motion a pour objet de donner une place à la psychiatrie auprès des autres disciplines comme " science médicale ".

Poser la clinique du sujet et l’importance du relationnel dans les prises en charge est une question centrale face aux dérives médicamenteuses et face aux orientations consistant à " gérer " les pathologies psychiatriques autour de l’urgence (dans les SAU à l’hôpital général) et du transfert vers le médico-social pour les prises en charge jugées ( ?) trop longues.
Cette clinique suppose de reconsidérer les formations, mais aussi de remettre clairement en cause les orientations ministérielles visant à accélérer la dissolution de la psychiatrie dans l’hôpital général, ce qui se traduit par un retour vers l’hospitalo-centrisme (dont on n’est pas vraiment sorti) au détriment des moyens d’équipement du secteur " extra-hospitalier " tant en personnel qu’au niveau des structures à mettre en place.


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