Douste-Blazy à Hôpital-Expo : " Qui veut gagner des millions ? "

La surenchère médiatique étant devenue le mode de fonctionnement préféré du gouvernement Raffarin, Philippe Douste-Blazy a saisi l’occasion de l’inauguration d’Hôpital-Expo pour faire une annonce sensationnelle : "Remettre les compteurs à zéro en effaçant les 300 millions de dettes des hôpitaux". Qui dit mieux ?

Mais la générosité du Ministre ne s’arrête pas là : une accélération de 150 millions d’euros de l’allocation du budget 2004, 88 millions d’euros pour les hôpitaux locaux et 10 milliards d’euros d’investissements sur 5 ans !

Même les 5 milliards d’euros promis par Mattei pour Hôpital 2007 semblent bien dérisoires à côté de cette manne providentielle.

Mais au-delà de l’effet d’annonce, la méthode est malheureusement bien connue des hospitaliers : des promesses en trompe l’oeil, reprenant d’autres promesses jamais tenues et jamais financées.

Douste-Blazy à soigneusement exclu l’hôpital et les organisations représentant les personnels des négociations sur l’avenir de l’Assurance Maladie. Son intérêt subit pour la situation financière catastrophique des hôpitaux peut donc paraître des plus suspects, dans un contexte de restrictions budgétaires imposées par Sarkozy à tous les ministères.

Tout devient hélas très clair à l’analyse des conditions d’attribution de la "générosité gouvernementale" : le geste n’est pas gratuit ! Il s’agit seulement de permettre aux établissements d’appliquer dans les meilleures conditions le nouveau mode de financement promu par Hôpital 2007, la tarification à l’activité, qui oblige les hôpitaux à la rentabilité.

Le gouvernement récompensera les meilleurs élèves, ceux qui appliqueront au mieux Hôpital 2007 (restructuration, fermeture d’activités jugées non-rentables, fusions de services ou d’établissements...).

Et, pour aller au bout de la méthode managériale "type Mac Donalds", un classement des établissements les plus performants sera régulièrement publié par le Ministère.

A aucun moment, M. Douste-Blazy n’a évoqué les difficultés des personnels hospitaliers, en terme de recrutement, de conditions de travail et de soins aux usagers, encore moins en terme de rémunération.

Pourtant, pour la Fédération Sud Santé Sociaux, la priorité pour "sauver" l’hôpital public est bien la prise en compte des revendications des personnels qui le font vivre et notamment la mise en place d’un véritable plan d’urgence "emploi-formation-rémunération" pour l’ensemble
des personnels hospitaliers.

Seules des mesures volontaristes dans ce domaine pourront redonner de l’atractivité aux professions indispensables au fonctionnement de l’hôpital public.


La Fédération Sud Santé Sociaux appelle l’ensemble des hospitaliers à ce saisir de la journée du 5 juin pour faire entendre ces revendications dans toutes les mobilisations pour une Sécurité Sociale solidaire et égalitaire et une véritable politique publique de santé.