Déclaration commune des organisations syndicales Cgt, Fo, Sud, Cftc, Chg, Inph, Amuhf

Les organisations signataires de la présente déclaration se sont réunies le 2 mars 2004 et réaffirment la nécessité de poursuivre et d’amplifier la mobilisation.

En effet, les difficultés des établissements publics sont connues :

- listes d’attente et difficultés aux consultations, aux soins programmés, aux urgences...
- report des interventions chirurgicales,
- transfert de malades en cliniques privées, faute de moyens pour les soigner,
manque de lits et places du fait des nombreuses fermetures intervenues ces dernières années.

Les patients et leur famille subissent de plein fouet les conséquences du manque de personnels et de moyens.
Parallèlement le "ras-le-bol" des personnels s’intensifie :

- pénurie de médecinset de personnels qualifiés,
- plannings de travail surchargés,
- effectifs minimum constants,
- rappels sur les repos,
- congés à des périodes imposées, au mépris de la vie de famille,
- etc.

Face à cette situation, le Gouvernement choisit de mettre en place le plan "Hôpital 2007" à marche forcée qui change radicalement le système d’organisation des soins hospitaliers, selon un raisonnement qui s’exprime essentiellement en terme de rentabilité. De fait, il instaure une santé à plusieurs vitesses, le rationnement des soins, la sélection des malades.

La circulaire ministérielle relative à la campagne budgétaire pour l’années 2004 traduit dans le concret la tarification à l’activité (T2A) et va étrangler les établissements du fait des financements nettement insuffisants, qui ne permettront pas pour certains établissements de faire face à leurs charges.

D’ores et déjà desplans d’économies sont pris dans différents établissements. A titre d’exemple : à l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, la Direction Générale a décrété un plan d’économies de 240 millions d’â,¬ sur 4 ans avec, pour commencer, 900 postes supprimés cette année ! Même chose aux Hospices Civils de Lyon, où se sont 300 postes qui sont supprimés ! On ne compte plus les établissements dans lesquels les suppressions ou les gels de postes sont annoncés, alors que dans le même temps, tout le monde reconnaît le manque de personnels qualifiés dans les services.

Pour préserver et développer l’hôpital public, les présentes organisations syndicales réaffirment leurs exigences :

- ouverture de réelles négociations intégrant la question de la démographie, des effectifs, de la formation, des statuts et des moyens financiers supplémentaires,
- la prise en compte des revendiations intégrant la défense d’un Service Public de Santé égalitaire et accessible à tous.

La journée d’action du 11 mars 2004 marque une nouvelle étape dans notre lutte en faveur de l’hôpital public.

La détermination des personnels hospitaliers avec le soutien des usagers se manifestera dans les établissements, les départements et les régions. Les initiatives prises dans l’unité à tous les échelons, seront l’expression d’une volonté sans faille, pour qu’enfin un véritable débat s’ouvre sur ces questions. Le Gouvernement doit prendre en compte les revendications portées.


Signataires :

Les organisations syndicales des personnels : CGT Santé-Action Sociale, FO Services Publics et de Santé, Sud Santé-Sociaux, CFTC Santé-Sociaux.

Les organisations syndicales des médecins hospitaliers : INPH (Intersyndicale Nationale des Praticiens Hospitaliers), CHG (Confédération des Hôpitaux Généraux), AMUHF (Association des Médecins Urgentistes Hospitaliers de France).