- Urgence du "tous ensemble" social

DIFFERENT N°2

Les violences qui ont embrasé certains quartiers populaires dernièrement,
révèlent les fractures sociales qui ravagent notre pays.
Pourquoi en sommes-nous là ?
Depuis plus de 30 ans, nous avons vu les ravages de la désindustrialisation, grossir les
rangs des chômeurs, augmenter les précarités, s’accroître la pauvreté, ségrégations
sociales, scolaires, urbaines...Parallèlement à l’accroissement vertigineux des inégalités,
s’étalent les profits fabuleux des grandes entreprises, la richesse affichée en
toutes occasions. Se développe également un modèle de réussite dont la compétition
et la concurrence sont le moteur essentiel.
A l’exigence de justice sociale se substitue progressivement la charité, signifiant ainsi
une formidable régression. L’aboutissement est une société de plus en plus dure et
fragmentée. Cette évolution n’est pas une fatalité. Elle est le résultat des politiques
libérales menées par les gouvernements successifs, des renoncements de la gauche(
droit de vote des étrangers par exemple) et de son incapacité à engager des
ruptures avec les modèles dominants. Dans ce contexte, aggravé par l’avalanche de
mesures antisociales de la droite depuis 2002, devant la surdité de ce gouvernement,
les provocations et les propos méprisants de Sarkosy, la mort de deux adolescents à
Clichy-sous-Bois ont été le détonateur dans une poudrière consciencieusement remplie.
Et maintenant...
Ces émeutes, inégalées dans leur ampleur, sont l’expression de la rage de toute une
frange de la jeunesse. Elles ne sont en aucun cas une solution capable de fédérer
autour d’elles et d’offrir une perspective à l’ensemble des classes populaires. Si les
jeunes émeutiers, dans un premier temps, ont pu bénéficier de compréhension et si
la stratégie politique de Sarkosy a pu être mise en cause, la persistance des violences,
les cibles choisies, les conséquences qu’elles produisent pour les autres parties
de la population de ces quartiers ont fini par provoquer incompréhension, rejet et
révolte.
Nous nous retrouvons donc aujourd’hui dans une situation difficile où les tenants du
renforcement répressif et des solutions autoritaires ont le vent en poupe. Le gouvernement
a bien compris ce retournement et sans rien changer à ses orientations antisociales
a pu décréter l’état d’urgence sans une opposition à la hauteur de la gravité de
cette mesure.
Le mouvement social, les organisations syndicales dont notre fédération doivent reprendre
l’iniative en plaçant au coeur de son action la lutte pour l’égalité dans l’accès
aux droits fondamentaux. Rassembler autour de cet objectif passe par un indispensable
travail de reconstruction des liens entre les différentes catégories des classes
populaires, entre les diverses composantes du salariat.


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