Contre un diplôme au rabais !

Le 3 février 2005 est paru au journal officiel un arrêté ministériel du 25 janvier 2005, instaurant la VAE aide soignante (Validation des Acquis et de l’Expérience) afin d’obtenir le DPAS (Diplôme Professionnel d’Aide Soignant).

L’arrêté relatif aux modalités d’organisation de la VAE pour les aides-soignantes est sorti sans réelle concertation et dans la précipitation afin de pallier prioritairement au manque d’effectifs soignants dans certains secteurs comme celui des personnes âgées. Ainsi le diplôme obtenu par voie de VAE n’a plus rien à voir avec les obligations théoriques et cliniques mises en place pour le diplôme actuel d’aide-soignant, ouvrant la brêche d’un diplôme à deux vitesses.

Reconnaissance oui, déqualification non !

Prendre en compte l’expérience professionnelle des salariés pour l’obtention d’un diplôme est une bonne chose en soi. Pour SUD, la VAE doit favoriser l’évolution et la promotion professionnelle des agents. Elle doit permettre l’entrée en école avec une formation adaptée, faciliter ou dispenser l’accès aux concours d’entrée, diminuer les stages pratiques. Mais les cours théoriques doivent être conservés et tous les professionnels doivent passer le même diplôme.

La VAE Aide Soignante est la première étape d’un processus qui touchera tous les métiers. A terme et compte-tenu du déficit chronique dans certaines professions para-médicales, la VAE va devenir un nouvel outil de recrutement accéléré de salariés formés au rabais et sous-payés. La VAE est ainsi détournée de ses objectifs et en particulier celui qui vise à faciliter l’accès à des formations qualifiantes et diplômantes.

Un diplôme à deux vitesses

Nous nous opposons au principe retenu pour attribuer ou plutôt brader le diplôme d’aide-soignant(e). La VAE ne peut pas remplacer la

formation mise en place pour les aides soignant(e)s. Elle va entraîner une déqualification de toute la profession. Personne n’aura intérêt à suivre le cursus traditionnel puisque le projet permet l’obtention du DPAS avec 7O heures d’enseignement obligatoire, sans mise en situation réelle et sans évaluation des connaissances. Cette formation pourra être effectuée dans n’importe quel institut public ou privé ce qui pose à terme le devenir des écoles de formation d’Aides-Soignant(e)s et des formateurs.

Le candidat devra justifier d’un exercice professionnel au cours des 12 dernières années d’une durée de 5 ans (soit 7000 heures) pour 2005, de 4 ans pour 2006 (soit 5600h) et de 3 ans en 2007 (soit 4200h). Ces périodes devront avoir été faites dans une structure sanitaire public ou privé certes mais aussi au domicile de personnes dépendantes. Ce sont alors des particuliers qui seront les référents techniques. Le candidat pourra alors déposer un dossier à la DDASS, pour validation des 8 modules référencés pour l’obtention du DPAS, sans pour autant avoir suivi une formation théorique et pratique conséquente.

Sans s’opposer à une évolution de carrière des Agents Hospitaliers, force est de constater que, dès l’instant où le candidat aura obtenu l’aval du jury, il se retrouvera seul devant la réalité du terrain et en cas de problèmes, la hiérarchie saura lui rappeler ses responsabilités.


Nous devons refuser cet état de fait

Les Aides Soignants par leur mobilisation, doivent dénoncer un diplôme bradé pour pallier l’insuffisance des effectifs dans leur catégorie.
Accepter sans réagir un sous-diplôme, c’est accepter un sous-salaire.
Aujourd’hui ce sont les aides-soignantes qui sont concernées mais demain ce seront d’autres professionnels.