Construire un front unitaire pour combattre le libéralisme

Le Conseil Fédéral de Sud Santé-Sociaux, réuni les 23 et 24 mai 2002, a discuté de la nouvelle situation créée par les élections présidentielles et en a dégagé l’analyse suivante.

En portant Le Pen au 2ème tour des élections, le scrutin précédent est venu rappeler à la Gauche française gouvernementale, qu’elle a mené depuis 1981, une politique contraire aux intérêts des salariés et de la population. Dans le même temps, les candidats opposés aux politiques libérales menées depuis plus de 20 ans par les gouvernements successifs (de droite comme de gauche) ont obtenu plus de 10% des suffrages.

Les mobilisations de la jeunesse, les mobilisations citoyennes et les millions de manifestants dans tout le pays le 1er mai, ont exprimé un rejet massif de l’extrême droite sans donner pour autant quitus au candidat Chirac.

Avec plus de 80% des voix, Chirac est réélu Président de la République, sur un vote de rejet du Front National. Le Gouvernement provisoire mis en place pour assurer la victoire de la Droite aux législatives, s’est lancé dès ses premières heures, dans une politique spectacle sur la sécurité (grand ministère de la Sécurité, descente des ministres dans le métro et les banlieues, arrestations médiatisées...). Il s’est assigné pour mission de donner des gages à l’électorat de l’extrême droite.

Avec un Premier Ministre et des ministres issus de Démocratie Libérale, un ministre des Finances, ancien PDG de la Sidérurgie et dirigeant du MEDEF, le ton est donné sur l’orientation politique que va mener ce Gouvernement : une politique libérale, sécuritaire et sexiste. Le Gouvernement s’apprête à mettre en musique le programme du candidat Chirac : une politique antisociale masquée par un discours populiste ("près du terrain", "dialogue social"...).

Sud Santé-Sociaux réaffirme ses revendications :
- maintien du système de retraite par répartition ;
- un service public garant de l’égalité des citoyen(ne)s ;
- une amélioration du système de Sécurité Sociale, avec un financement exclusivement basé sur les cotisations salariales ;
- une réduction du temps de travail créatrice d’emplois, sans baisse des salaires et sans flexibilité.

Cette période politique nouvelle, impose au mouvement social (syndicats, associations intervenant sur la défense des droits sociaux et contre la mondialisation libérale...) des responsabilités nouvelles pour combattre le libéralisme et le fascisme et redonner l’espoir d’un monde solidaire, plus juste et plus démocratique. C’est pour aller dans ce sens que dès le soir du premier tour, la Fédération Sud Santé-Sociaux s’est inscrite dans toutes les initiatives visant à construire un front unitaire capable de s’opposer à toute attaque sociale et à conquérir des droits nouveaux.

Fait à Paris, le 24 mai 2002