Canicule : Monsieur Mattéi remercie la communauté hospitalière.... et après ?

Mardi 2 septembre au matin, Mr Mattéi a convié l’ensemble des organisations syndicales représentant la communauté hospitalière publique et privée. Compte-tenu de la catastrophe sanitaire à laquelle nous avons été confrontés cet été, le ton était grave. Le Ministre, au delà de sa compassion pour les victimes et leurs proches, a remercié l’ensemble de la communauté hospitalière d’avoir été jusqu’au bout d’elle-même en se mobilisant au maximum de ses possibilités. Le Gouvernement tirera les leçons qui s’imposent, s’engage à ne déguiser aucun chiffre et d’analyser, en toute transparence, les causes du drame. Après son discours introductif, sans précision sur les mesures envisagées, Mr Mattéi a souhaité entendre tous les partenaires sociaux présents.

Pour Sud, cette catastrophe était envisageable et sans vouloir polémiquer sur les délais d’alerte, il était nécessaire de rappeler au Ministre que toutes les luttes revendicatives de ces dernières années, tout ce qui a guidé notre combat syndical, tant sur la question des budgets, des créations d’emplois ou de la formation, avaient justement pour objectif d’alerter sur la dégradation de notre système de santé publique. La politique de restriction des coà»ts a ainsi fragilisé tout notre système sanitaire, social et médico-social et aujourd’hui le constat bien évidemment est accablant.

Sans attendre les rapports d’experts diligentés par le Ministre, nous persistons à dire qu’il y a bien corrélation entre les décès recensés et les conditions d’existence sociale. La fragilité est une question d’âge mais aussi de ressources, d’environnement, d’isolement, de prévention. Pour Sud, l’impact de cette canicule a révélé surtout le type de société que l’on construit. L’hiver, les sans logis meurent de froid, l’été les personnes âgées, sans ressource et isolées meurent d’épuisement et de solitude. L’abandon des solidarités, la logique de responsabilisation individuelle, notion qui fait de l’individu l’unique responsable de sa santé et de sa condition sociale, ont conduit inéluctablement au drame.

Alors, à l’heure où la réforme en profondeur de l’assurance maladie est envisagée, il apparaît plus que jamais nécessaire d’aborder les questions de fond sur une répartition réelle et équitable des richesses produites, le plein emploi, la revalorisation des salaires, la fin des exonérations des cotisations sociales patronales (n’oublions pas que le travail est aussi générateur de pathologies graves). Ces mesures permettraient de financer notre patrimoine commun et collectif qu’est la protection sociale afin de satisfaire les besoins sociaux et sanitaires de la population en toutes circonstances.

La seule action du Gouvernement aujourd’hui est la mise en place de groupes sur les sujets jugés prioritaires (vieillissement, canicule, hôpital 2007, assurance maladie). La composition de ces groupes varie au bon vouloir du Ministre, certains partenaires y étant conviés, d’autres non. La méthode est pour le moins incohérente quand on sait l’enjeu du débat : celui du droit pour toutes et tous à une santé de qualité et du droit de vivre ou de vieillir dignement.


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