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Branche Aide à Domicile ; des salaires de misère, un boulot épuisant ...

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La toute nouvelle convention collective de la Branche Aide et Maintien à Domicile négociée sans l’aval des salariées est un véritable marché de dupe. Lorsque l’on fait la somme du peu de gain négocié (mutuelle et paiement des dimanches et jours fériés à 45%) et la perte des acquis des salariées sur les anciennes conventions (ADMR, CC 83 et CC 70), non seulement le compte n’y est pas, mais les salariées du secteur ont largement mis la main à la poche pour financer ces améliorations !

Pour les salariées de l’ADMR, c’est un véritable hold-up, non seulement les salarié-e-s doivent fournir leur véhicule personnel avec une indemnisation de misère pour parcourir jusqu’à 1200 km par mois, mais avec la réduction des frais de transport elles se retrouvent avec une perte sèche en fin de mois pouvant aller de 50 à 150 euros.
Pour les TISF, là aussi le compte n’y est pas, une fois de plus le lissage c’est fait par le bas ! les malades sont pénalisées et sanctionnées (réduction de 45 à 30 jours d’absence sur l’ancienneté et les congés payés). Quand aux jours d’ancienneté, il faudra attendre 20 ans pour obtenir....5 jours au lieu de 6 jours en 15 ans !
Pour TOUTE-S Les arrêts maladie (audelà d’un mois consécutif ou non dans l’année) n’entrent plus dans le calcul de l’ancienneté. Il y a aussi perte du jour de déménagement, de congés enfants malades avec un abaissement de l’âge de l’enfant de 16 à 13 ans. .
Des conditions de travail encore plus dégradées !
Pas de durée minimale d’intervention : la durée minimale d’intervention fait l’objet d’une consultation au CE ou à défaut des DP s’ils existent, et cela au moins une fois par an.

Ne nous leurrons pas, cette négociation établissement par établissement « à froid » où le CE est consulté laisse la bride sur le cou aux employeurs zélés qui, sous pression des financeurs, seront tentés d’imposer des interventions pouvant descendre jusqu’au ¼ d’heure (ouverture et fermeture des volets…)
L’amplitude de travail passe de 12 à 13 h et le travail de nuit à 10 heures (de 22 h à 7 h).

Les temps d’organisation du travail et temps de soutien sont laissés au libre arbitre de l’employeur qui décide ou non d’octroyer un temps de soutien (soutien psychologique, analyse de la pratique) dans la limite de 11 h par an et par salariée.
Confrontées à des situations d’agressions voire de violence des personnes et des familles, les salariées se retrouvent seules à gérer ces situations sans aucun soutien psychologique, sans lieu de parole où elles peuvent exprimer leur mal-être au travail.

De même pour l’organisation et la répartition du travail dans la limite de 11 h par an et par salarié.

Au quotidien, nous trouvons de plus en plus de salariées épuisées, en grande souffrance, abandonnées par les institutions maltraitantes trop soucieuses de supprimer les temps « non productifs » au détriment de la santé physique et morale des salariées qu’elles emploient.

La généralisation de la télégestion
Afin de répondre à la demande des Conseils Départementaux qui réclament des gains de productivité et l’optimisation des coûts administratifs, la télégestion se généralise dans les établissements.
Ce nouveau système de facturation en temps réel conduit à des restructurations voire des licenciements pour les personnels administratifs.
Le couperet tombe, après un dépassement de 3 mm, le « client », rivé sur le minuteur est facturé d’¼ d’heure supplémentaire. Cette pratique génère du stress pour les salariées qui ne seront pas payées un ¼ d’heure de plus.
Ce mode d’intervention laisse de moins en moins le temps nécessaire à la relation avec la personne ou la famille. C’est aussi le temps de transmission qui est sacrifié, temps indispensable à un réel travail d’équipe qui permet de faire le point avec les multiples intervenants, professionnels du maintien à domicile (infirmières, aides soignantes…).
Outre les gains de productivité annoncés, c’est toute la relation à la personne, le sens du travail qui sont remis en cause. L’aide et le maintien des personnes à domicile ne se fragmentent pas, les salariées ont la charge d’une personne ou d’une famille dans leur globalité.

Salaires

Nous demandons la suppression des coefficients inférieurs à 265 des catégories A et B de la convention collective et la revalorisation des grilles indiciaires. Aucun salaire, aucune grille indiciaire en dessous du SMIC,
La revalorisation immédiate du point à 5,50 €

POUR SUD

Nous exigeons :
• Le paiement de tous les temps de trajet,
• La revalorisation de l’indemnité kilométrique à 0,45 € pour tout kilomètre parcouru et le paiement intégral des frais de transport (tickets de stationnement...),
• Le rétablissement de tous les acquis des salariées (jours de congés…),
• Revalorisation immédiate de la valeur du point à 5,50 € pour aller vers un salaire minimum net de 1600 €



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