" Aux Pas Citésâ ?¦. dans l’opacité "

A l’issue de la Manifestation du 7 Mars 2002 à Paris, qui a réuni environ 500 psychologues et étudiants en Psychologie, une délégation a été reçue au ministère de la Santé par :

- Mr Vayne chargé de mission au bureau de la politique des ressources humaines.
- Mmes Mesclon et Garcia, membres du bureau des professions non médicales.

Mr Vayne et Mme Garcia avaient déjà reçu une délégation lors du rassemblement du 14 Décembre 2001, ce qui laissait espérer qu’un suivi du mouvement des psychologues avait été effectué au Ministère, suivi pouvant déboucher, nous l’espérions, sur des propositions et des changements.

Les psychologues ont déposé 3000 pétitions sur la table et ont présenté leurs revendications en les argumentant.

1°) Revalorisation salariale en une grille unique raccourcie allant des indices bruts 585 à 1012 ( revendication identique à celle qui est soutenue par l’intersyndicale). Son argumentation repose sur :

- L’absence de toute augmentation depuis 10 ans
- Le décalage de la rémunération actuelle des psychologues par rapport à celle reçue par les professionnels ayant le même niveau de formation universitaire (une personne de la délégation remet un tableau comparatif).
- La longueur du temps de carrière (28 ans pour les psychologues, 21 ans ailleurs)
- La rareté de l’application de l’avancement modulé d’échelon qui, en théorie, peut être accordé plusieurs fois dans la carrière, mais qui, pour les psychologues, n’est accordé qu’une fois voire pas du tout.
- L’insuffisance de cette rémunération par rapport au niveau des responsabilités assuré par les psychologues dans les missions qui leur sont confiées.

2°) Résorption de l’emploi précaire, rapide, appliqué à tous les contractuels sans distingo entre CDD et CDI. 2600 collègues sont concernés.

Créations de postes au moins en rapport avec l’application de la RTT, c’est à dire + 10% du nombre de postes actuels, soit 500 postes.

La résorption de l’emploi précaire et la création de ces postes dans le cadre de la RTT ne devant pas se confondre, comme la tactique actuelle du gouvernement tend à le faire. Rappelons que la moitié des effectifs dans la FPH est constituée par les contractuels.

3°) Statut

- Maintien de l’autonomie professionnelle et refus de la paramédicalisation.
- Intégration au statut d’une circulaire répartissant le travail en deux séquences (clinique et FIR).
- Abrogation de l’ordonnance de Mars 2001, en fonction de la menace qu’elle représente sur la protection du titre (loi de 85).
- Maintien du niveau de formation universitaire à Bac + 5 au moins.

Ces revendications répondent aux inquiétudes des psychologues et des étudiants. Elles ne sont pas nées de rumeurs mais de faits réels :

- Le rapport Piel et Roelandt, effectué dans le cadre d’une mission confiée par Martine Aubry, puis Elisabeth Guigou et Bernard Kouchner, pour l’étude d’une réforme des soins en Santé Mentale.
- Les deux rapports intermédiaires, puis, le projet de rapport final sur " l’évolution des métiers en Santé Mentale ".
- Le plan d’harmonisation européenne qui, en France va aboutir à un nivellement par le bas : l’ordonnance de Mars 2001 permet aux personnes venues de pays européens, de faire usage professionnel du titre de psychologue, avec seulement 2 ans de pratique professionnelle dans leur pays d’origine, sans aucune exigence de diplôme.
- L’idée d’une formation des psychologues à deux niveaux, est très choquante si l’on compare avec les niveaux d’études de psychologie en Europe, qui durent en moyenne 5 ans, et vont même jusqu’à 7 ans en Allemagne, Autriche, Finlande, Hongrie, Norvège, Grande Bretagne.
- Les débats sur la loi " droit des malades et modernisation du système de santé ". Pendant la discussion de l’article 57 quater à la commission mixte (prise en charge des enfants et adolescents victimes de violence) Madame Claire Brisset a préconisé l’assujettissement des actes psychologiques à une prescription psychiatrique . Cet article, qui sous entendait une paramédicalisation, a finalement été supprimé par l’Assemblée Nationale lors du vote du 19 Février. Les psychologues demeurent cependant inquiets, car la question de la paramédicalisation, malgré beaucoup de dénégations, est omniprésente dans le projet de rapport " évolution des métiers en Santé Mentale ". Le principe des réseaux en Santé Mentale est voté, et Bernard Kouchner prévoit une loi cadre sur cette question à la prochaine législature.
- Les psychologues posent la question de l’existence d’un projet de diplôme de psychothérapeute (le rapport étant très flou à ce sujet, comme sur la question du remboursement des actes). Ils demandent à être consultés pour la rédaction de ce rapport.

Les psychologues insistent sur la nécessaire autonomie de leur exercice professionnel. Cette autonomie concerne non seulement le choix des outils, mais aussi une fonction très générale qui vise à articuler les diverses modalités de prise en charge d’une personne en difficulté ou en souffrance (champs - médical - paramédical - social - éducatif). Cette fonction générale a des effets peu saisissables qui s’opèrent dans le domaine de l’intime et du psychique. Pour l’exercer, le psychologue a besoin d’un statut qui lui accorde un cadre de travail où il puisse exercer tranquillement, sans être constamment attaqué, par exemple à propos du FIR.

Les psychologues ont besoin d’une consolidation de leur statut de 91 par l’intégration de la circulaire sur le FIR, et par leur inscription " noir sur blanc " comme cadres de conception (ou en mission transversale).

Les psychologues ne peuvent pas non plus continuer à exercer leur métier avec la différence induite par la hors classe, car ils n’ont pas vocation à s’organiser de manière hiérarchique. La seule organisation qu’ils revendiquent est l’organisation collégiale, encore faudrait il que les collèges soient intégrés à l’organigramme de l’hôpital, et qu’ils participent aux instances consultatives au moinsâ ?¦.

Réponses du Ministère

1°) A propos de la revalorisation salariale :

" il existe un indice fortement typé à 966 "
" il n’y a pas de corps en catégorie A qui ne soit organisé en plusieurs classes "

Pour remédier aux effets " bouchonnants " du fonctionnement actuel de la promotion au hors classe, le Ministère propose la mise en place d’un système " promu - promouvable " qui supprime le quota à 15% et garantit tous les ans, un nombre fixe de promotions.

Commentaires : Ce système est un gadget ! sa proposition ne prend pas en compte ce que les psychologues répètent inlassablement : la répartition en deux classes de leurs corps ne correspond à rien dans leur exercice - à travail égal - salaire égal. Le ministère n’a toujours rien à proposer aux psychologues en matière de revalorisation salariale alors que ce " chantier " (ce sont ses termes) est ouvert depuis Novembre 2001 (1° comité de suivi).

Que fait le Ministère ? " il creuse davantage en profondeur, et ce, de manière accélérée depuis 2 jours " nous répond on (sic) " Cela ressemble à un travail de sape " pensons nous !

2°) La résorption de l’emploi précaire

Aux termes de l’article 9 du Titre IV instituant la FPH, il n’y a pas de place légale qui permette l’emploi en CDI. La résorption de l’emploi précaire devra donc s’appliquer à tous les contractuels. Pour cela le Ministère va entamer un recensement par décompte des agents sur place. Cette étape commence au cours du premier semestre 2002. Pour se présenter au concours il faut pouvoir justifier de l’équivalent de 3 années de plein temps au cours des 8 années écoulées précédant la date du concours.

Commentaires : C’est un bon début mais il va falloir passer rapidement à la seconde étape : celle des concours réservés - quand on connaît la lenteur de l’administration (telle l’AP HP) - il faudra que le cadrage Ministériel soit très serré.

3°) RTT

Pas de réponse Ministérielle sur la compensation en postes de la RTTâ ?¦seuls quelques mots sur 150 postes pour les urgences au titre de la circulaire du 22 Octobre 2001.

4°) Le Statut

- Pour l’ordonnance de Mars : " vous n’êtes pas au bon Ministère, voyez avec l’Education Nationale ".
- Pour le rapport Piel et Roelandt et ceux de la commission " Evolution des métiers " : " vous n’êtes pas au bon bureau , nous sommes de la DHOS (Direction des Hôpitaux et de l’Organisation Sanitaire), voyez la DGS (Direction Générale de la Santé).

Commentaires : qui perd la boussole ? qui a choisi des personnes de la DHOS pour nous recevoir ? Est ce par hasard que nous rencontrons deux membres du bureau des professions non médicales ?

- Pour l’intégration de la circulaire sur le temps FIR, le Ministère nous réplique : " la circulaire FIR n’a pas de réalité juridique, certains établissements l’appliquent, d’autres pas " (sic). Les psychologues usent de leur temps FIR dans " le manque de transparence et l’opacité ". La formation continue des psychologues doit répondre aux intérêts du service et de ceux de l’établissement. " La DRH est la référence ". " Le FIR comporte la lettre R = Recherche ".

Commentaires : voilà revenues les sempiternelles accusations contre le temps FIR ; et si l’opacité dont nous sommes accusés était la projection d’un certain aveuglement de nos administratifs ? si elle était la projection de leur incapacité à se représenter le travail du psychologue parce qu’il se déploie dans le domaine de l’intime, du psychique, par nature non comptabilisable ? non maîtrisable ? non planifiable ? s’agit il d’un réel vide de représentation ?

Le Ministère nous demande de lui laisser le temps de se structurer ! c’est sa seule proposition aujourd’huiâ ?¦

Le Ministère dit avoir saisi " l’émergence des collèges " (il était temps !)

Il promet de donner un coup d’accélérateur pour travailler sur ce " métier jeune ", ses missions, son statut, et son avenir à 5 ans !

Nous n’attendrons pas !!!

Face au vide des propositions Ministérielles, face à son inertie depuis le 14 Décembre , continuons à agir et à nous mobiliser.

Une nouvelle Manifestation s’impose pour montrer aux pouvoirs publics notre détermination à obtenir une vraie reconnaissance de notre profession qui devra passer par la revalorisation salariale et la consolidation de notre statut.

Rendez vous le Mardi 9 Avril 2002 à 11 h 30
Parvis de la gare Montparnasse
Pour un nouveau rassemblement et un défilé jusqu’au Ministère

Cette nouvelle Manifestation sera préparée par une A G le Jeudi 28 Mars 2002

- De 10 h à 13 h pour développer notre argumentation
- De 14 h à 17 h pour préparer concrètement le défilé

Le lieu vous sera communiqué prochainement

Il faut au préalable se structurer par régions en inter-collèges pour soutenir notre mouvement.

Une action auprès de nos élus est indispensable, ainsi qu’auprès de la presse, pensez y !

Les pétitions continuent à circuler, faites les signer.

Contacts pour le collectif :

Nicole DUPLANT - SUD Santé Sociaux fax 01 42 23 31
Thérèse PETIT PIERRE - SUD Santé Sociaux 06 76 74 43 07
Danièle HERY 01 34 12 88 50
Marie-Odile RUCINE 06 87 64 48 00 , e mail marie-odile@rucine.com
René SABOURAL 06 83 47 22 60 , e mail rsab@9online.fr
Association Psyclihos e mail psyclihos@wanadoo.fr
Site Internet SUD Santé www.sud-sante.org

La délégation du 7 Mars était composée de :

- Arnaud COLAS - Psychologue - représentant du collège des Psychologues du centre psychothérapique de Nancy à Laxou (54)
- Patrice DUBAUD - Psychologue - représentant de collège des Psychologues du CHS de la Sarthe du MANS (72)
- Nicole DUPLANT - Psychologue - représentante du syndicat SUD Santé AP/ HP et membre du collège des psychologues du C H Pitié Salpetrière PARIS (75)
- Nadia FIASCHI - Psychologue - représentante du collège des psychologues de Châlons en Champagne (51 ) syndiquée CFDT
- Danielle HERY - Psychologue - représentante du collège des psychologues de l’hôpital de Beaumont sur Oise (95) syndiquée SNP IDF
- Denis GUEDJ - Psychologue - président du collège des psychologues de l’EPS de Ville Evrard (93)
- Thérèse PETITPIERRE - Psychologue - membre du regroupement des psychologues de Corbeil Essonnes (91) syndiquée SUD Santé Sociaux
- Elie Bernard POUILLAUDE - Etudiant en Psychologie - (Paris XIII)
- Marie-Odile RUCINE - Psychologue - représentante du regroupement des psychologues de Louis Mourier (92) et membre du CA de l’association Psyclihos (AP/HP)
- René SABOURAL - Psychologue - représentant du collège des psychologues de l’EPS Barthélémy Durand à Etampes (91)
- Joë lle SOULIER CHAILLOU - Psychologue - représentante de l’intercollège des psychologues de Loire Atlantique (44)
- Marcia VIERA - Psychologue- représentante du collège des psychologues de l’hôpital de Chartres (28)

Le soutien actif des participants devant le Ministère pendant l’entrevue a été très " porteur " pour tous les membres de la délégation, et " remarqué " de nos interlocuteursâ ?¦


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