700 millions d’euros pour les hôpitaux

Sud Santé-Sociaux rappelle au Ministre de la Santé ses revendications et formule ses inquiètudes quant au panier de soins.

La Fédération Sud Santé Sociaux prend acte de l’annonce du Ministre de la Santé devant la commission des comptes de la sécurité sociale le jeudi 11 juillet 2002 d’accorder une rallonge budgétaire de 700 millions d’euros aux hôpitaux à compter de cette année. Il est incontestable que cette somme allouée aux mesures catégorielles et au compte épargne temps apportera une bouffée d’oxygène aux établissements pour 2002.

Il n’en reste pas moins que la situation budgétaire des établissements, le manque d’effectifs, l’absence d’une vraie politique promotionnelle et salariale, la dégradation des conditions de travail exigent en urgence des réponses et des engagements d’un autre niveau .

C’est sur cette base que lors de sa rencontre avec le Ministre de la Santé, la Fédération Sud Santé Sociaux a demandé la réouverture des négociations :

- Sur les 35 heures (création d’emplois et amélioration du volet réglementaire
- Pour un " plan emploi formation " afin notamment de faire face aux milliers de départs à la retraite que la Fonction Publique Hospitalière devra assumer ces prochaines années.
- Pour les revalorisations des différentes catégories et une reconstruction des grilles prenant en compte les acquis professionnels et les nouvelles technologies.

La Fédération Sud Santé Sociaux prend acte de la volonté exprimée par le Ministre de reconstruire une politique de santé à partir d’une politique de prévention. Mais nous attendons également sur ce point des mesures urgentes et concrètes (développement de la médecine scolaire, de la médecine du travail, de centres de PMI, une politique d’information d’éducation de santéâ ?¦). Ces services doivent rester des services publics, dotés de moyens et indépendants de tout pouvoir et pressions commerciales.

La Fédération Sud Santé Sociaux s’inquiète du déficit de la sécurité sociale engendré notamment par les exonérations de cotisations patronales pratiquées ces dernières années . L’engagement du Gouvernement d’en exonérer les futurs emplois jeunes et d’en promettre de nouvelles vont à nouveau aggraver les finances de la sécurité sociale. En glissant année après année, d’un financement reposant sur le " salaire différé " à un financement basé sur la fiscalité ce qui exempte les patrons de leurcontribution, modifie la nature du compromis social et transforme petit à petit notre système de solidarité en un système d’assistance aux plus pauvres.

La Fédération Sud Santé Sociaux est donc en total désaccord avec le projet du Gouvernement de mise en place " d’un panier de soins " c’est à dire un minimum couvert par la sécurité sociale. Les soins complémentaires seraient alors assumés par les mutuelles (déjà acculées à fonctionner de plus en plus comme des assurances), les assureurs privés, les patients eux-mêmes. Un tel système accentuerait l’inégalité d’accès aux soins et devant la maladie. Il renforcerait l’entrée des assureurs privés dans notre système de protection sociale. La sécurité sociale risquerait ainsi d’être mise en concurrence avec les multinationales de l’assurance et ne pourrait alors résister et maintenir ses principes de solidarité.

Fait à Paris, le 16 juillet 2002


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