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Psychiatrie : situation sociale tendue àl’EPSM Etienne Gourmelen de Quimper

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Psychiatrie : situation sociale tendue àl’EPSM Etienne Gourmelen de Quimper

QUIMPER, 2 octobre 2013 (APM) - L’établissement public de santé mentale (EPSM) Etienne Gourmelen de Quimper, dont la situation sociale est difficile depuis l’annonce de son plan d’économies fin mars, connaît un regain de tension, a constaté l’APM auprès des syndicats et de la direction.

Une "rencontre médecins-personnels" est prévue jeudi, précise le syndicat SUD, après une assemblée générale organisée mardi par SUD et la CGT, et la diffusion d’une "motion des praticiens hospitaliers" de l’établissement.

Un plan d’économies a été engagé fin mars pour résorber son déficit d’1 million d’euros en 2012, sur un budget de 67 millions d’euros (cf APM HMQDH003). "Sans mesures d’économies, le déficit serait mécaniquement monté à2 millions d’euros en 2013", a expliqué le directeur de l’EPSM, Pascal Bénard, joint par l’APM mercredi.

Les mesures d’économies engagées par l’hôpital concernent notamment des gels de postes et la suspension de trois jours de RTT pour les agents (hors cadres, médecins et directeurs).

Pour la première mesure, "l’idée est de geler un équivalent temps plein (ETP) en année pleine pour chacun des huit pôles, ce qui représente 0,8% de l’effectif en ETP de l’établissement", a expliqué Pascal Bénard. Mais la fin de l’année approchant, les pôles qui n’ont pas encore effectué cette opération peuvent être amenés àgeler un ou deux postes supplémentaires, afin de récupérer les sommes àéconomiser. "Nous essayons de faire cela intelligemment, au cas par cas, en respectant le rythme de vie des services", a assuré le directeur.

Néanmoins, "cette mesure suscite une incompréhension entre la direction et la CME [commission médicale d’établissement]. Les praticiens sont inquiets", a reconnu Pascal Bénard.

De fait, une "motion des praticiens hospitaliers de l’EPSM refusant les gels des postes imposés par la direction" a été diffusée àl’issue d’une réunion des médecins en début de semaine dernière.

Les praticiens y annoncent notamment "la participation de la communauté médicale àla mobilisation de l’ensemble des personnels", et y décident "de ne plus participer aux instances et aux différentes commissions" de l’établissement.

Dans cette motion, les médecins regrettent que "malgré les votes négatifs qui se sont succédés [àtravers les instances de l’EPSM], la direction a décidé de passer en force, décision contrainte par le positionnement dogmatique de l’agence régionale de santé [ARS]". Ils en appellent d’ailleurs àplusieurs reprises àl’ARS Bretagne dans leur texte, réclamant notamment qu’elle "reconsidère sa position en revoyant le financement de l’EPSM".

L’ARS de Bretagne a opéré en 2013 une péréquation entre établissements sur la dotation annuelle de financement (DAF), qui a abouti àun taux de reconduction àzéro pour l’hôpital (cf APM HMQEG001). "Le déficit de Gourmelen est structurel. Même si ces chiffres sont àprendre avec précaution car il peut y avoir des biais significatifs, le coà»t par patient y est de 6.299 euros, contre 4.115 euros en moyenne régionale", a précisé mercredi àl’APM Pierre Bertrand, directeur général adjoint de l’ARS.

Pierre Bertrand a ainsi évoqué un double mouvement qui impacte directement cet établissement : le rééquilibrage opéré en faveur de l’hospitalisation alternative et du médico-social, "la région Bretagne [étant] celle qui consomme le plus de soins psychiatriques" et le fait que les indicateurs de l’ARS "sont plutôt défavorables àl’EPSM".

Selon les médecins signataires, le déficit de l’EPSM est aussi lié "au non-financement d’une partie [de son] activité". Ils demandent "l’ouverture rapide de réelles discussions en présence de l’agence régionale de santé, notamment sur l’absolue nécessité de récupérer le financement auprès du Chic [centre hospitalier intercommunal de Cornouaille àQuimper] de l’activité importante réalisée par le personnel de l’EPSM au sein des urgences".

"C’est un vrai sujet, mais qui ne va pas résoudre le problème de déficit de Gourmelen", a estimé Pierre Bertrand. "L’ARS a demandé aux deux directeurs de ces établissements de faire une proposition d’accord d’ici la fin du mois d’octobre", a-t-il précisé.

Concernant le climat social au sein de l’EPSM, Pascal Bénard promet "une réunion de concertation la semaine prochaine".





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